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La campagne d’Égypte des nouveaux Napoléon est terminée !

mercredi 3 juillet 2013, par Pierre Dortiguier

La solidarité des ministres avec le peuple, car comment nommer autrement l’unanimité égyptienne, est le signe d’une déroute des nouveaux conquérants du Proche Orient ; tout comme Napoléon fut arrêté dans sa course fort brutale en Syrie, de même l’Empire libéral, le leadership prétendant remodeler la région a subi trois défaites consécutives : en Syrie, en Turquie et en Egypte où la nation vivante s’est manifestée contre ceux qui y voulaient attacher un corps parasitaire : l’OTAN en Turquie est par exemple toléré, à cause de la peur causée par la guerre froide, mais il ne saurait agir en maître, développer une guerre civile chez son voisin, et montrer que les intérêts de l’entité sioniste sont un critère de bonne conduite turque ! Par ce terme de « Turquie » est du reste entendu, comme dans tout l’Orient une pluriethnicité, de même que dans tous les Empires et ici en Europe dans l’Empire austro-hongrois : la Syrie est aussi une idée politique, l’Egypte est une construction politique voulue par ceux, dans son armée, qui y intégraient - faut-il le rappeler- le Soudan !

Nos démolisseurs qui siègent dans des comités de droits de l’homme, et sont des fans de l’armement, veulent casser cette maison orientale pour ne plus retenir que des gratte-ciels du Qatar et des édifices urbains laissant la paysannerie dans des « réserves indiennes » ! Leurs ouvriers sont à l’œuvre depuis trois ans, les poches pleines d’argent fictif –comment nommer autrement les valeurs actuelles ? Ils sont ce que Platon représente en forme de frelons ! Ils piquent de leur dard tous ceux qui veulent que le miel sorte de leurs ruches ! L’image des abeilles est assez sacrée pour donner le titre d’une sourate du noble Coran ; mais le fait doit être examiné en lui-même ! Pendant trop longtemps l’on a méprisé le « nationalisme arabe » ou décrié de ce nom toute forme de renforcement non de l’administration mais de l’autorité de la patrie.

Chacun donnait, il y a deux ans, et au moment de l’accession au pouvoir de M. Morsi, comme aux courses de chevaux, perdante la Syrie, puisque l’exemple de la Libye devait, Sarkozy et BHL ayant produit la démonstration, ouvrir toutes les portes aux contestataires de l’union patriotique autour d’un père de la famille nationale ! Mais la « philosophie de l’histoire » (expression heureuse de Voltaire) tirera cette leçon qu’une résistance populaire unie est contagieuse et réanimatrice de l’espérance d’autres peuples : le Napoléon d’autrefois n’a pu tenir devant l’encouragement que les nations se sont données mutuellement de secouer le joug d’une prétendue émancipation –qui n’avait libéré que des usuriers - ; de l’Espagne à la Prusse tout le château de carte des spéculateurs s’est effondré.

Comment sont ces hommes nés au souffle du printemps « arabe » et qui ont été avantageusement présentés dans la presse ? Et, question plus précise, quel est ce joug que veulent secouer les manifestations d’Istanbul jusqu’au Caire ? Enfin, pour quelle raison les nouveaux venus au pouvoir ne s’y peuvent tenir, tout en grondant ouvertement ou hypocritement contre le fantôme de l’Iran qu’ils rendraient bien responsable des maux civils qu’eux-mêmes entretiennent ?

Une illustre écrivaine parisienne, de lignée suisse, y répondra, la principale adversaire de la tyrannie de Napoléon, Germaine de Staël : lisons-là comme pour déchiffrer le mystère de ces hommes habillés, si je puis dire, de vert (Muslim Brotherhood) mais dont le cœur bat aux couleurs de la médiocrité et de l’égoïsme ?

« Malgré les diversités de temps et de lieux, il y a des points de ressemblance entre l’histoire de toutes les nations tombées sous le joug. C’est presque toujours après de longs troubles civils que la tyrannie s’établit, parce qu’elle offre à tous les partis épuisés et craintifs l’espoir de trouver en elle un abri. Bonaparte a dit de lui-même avec raison, qu’il savait jouer à merveille de l’instrument du pouvoir. En effet, comme il ne tient à aucune idée, et qu’il n’est arrêté par aucun obstacle, il se présente dans l’arène des circonstances en athlète aussi souple que vigoureux, et son premier coup d’œil lui fait connaître ce qui dans chaque personne, ou dans chaque association d’hommes, peut servir à ses desseins personnels. Son plan, pour parvenir à dominer la France, se fonda sur trois bases principales : contenter les intérêts des hommes aux dépens de leurs vertus ; dépraver l’opinion par des sophismes, et donner à la nation pour but la guerre au lieu de la liberté… » Cette observatrice montre l’esclavage de la presse, et toutes les mesures répressives prises, tout comme elles le seront par Morsi, au nom de la liberté. « Telle est l’artillerie des phrases qui fondent le pouvoir absolu, car les circonstances ne finissent jamais, et plus on veut comprimer par des mesures illégales, plus on fait de mécontents qui motivent la nécessité de nouvelles injustices » (Considérations sur la Révolution française, quatrième partie, chapitre 4, des progrès du pouvoir absolu de Bonaparte, Tallandier, Paris, 1983, p. 365)

Chacun y peut reconnaître les mesures vexatoires de M. Morsi envers la justice égyptienne notamment et son autoritarisme mais aussi son indifférence à tout ce qui n’était pas son pouvoir, à la dégradation économique !

Cette logique tyrannique se retrouve dans la fumeuse opposition syrienne incapable d’offrir un autre visage que la vanité d’être choisie par le pouvoir militaire du jour, la coalition otanienne, et ne sachant que se jalouser dans son enceinte étroite et donc s’abandonner au terrorisme le plus offrant. Elle aussi, par les canons des comités, a fait entendre « l’artillerie des phrases ».

Nous pouvons remonter jusqu’à la Turquie, dont le rôle contesté par son propre peuple a entraîné cet enchaînement rapide de réactions produisant une explosion générale : ceux qui ne comprennent une situation que suivant le pouvoir des mots parleront de révolution trahie, les plus aveugles, de troubles à mener jusqu’à l’impossibilité d’établir un pouvoir stable, de « révolution permanente » sanctifiant l’assassinat et le terrorisme ; c’est cependant d’un tel pouvoir fort dont les peuples de la région ont besoin, et ses ennemis clament partout qu’il aspire à l’anarchie ou à la dictature ancienne : alors qu’il s’agit d’une volonté de liberté nationale, non d’un piédestal pour quelque Napoléon ! L’ Égypte n’en veut plus et la Turquie et la Syrie ont été les adversaires du premier !

 
 
 
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