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La bataille de Damas

mardi 17 juillet 2012, par Pierre Dortiguier

Une légende pieuse chrétienne dit que le destin du monde et d’abord sa domination tyrannique autant que brève, mais exercée de façon absolue, sera à Jérusalem (Al Qods). Légende, mais non pas fable, si l’on tient le mot dans son sens véritable, qui doit être dit et est transmis ainsi. Et il est question pareillement de Damas dans la tradition musulmane, où une lutte aurait lieu entre l’Antéchrist et ceux qui le combattent, ceci chacun le sait ; mais insistons que ces deux villes sont si proches que qui domine l’une fait ou fera vaciller l’autre !

On ne remarque peut-être pas assez que le centre des affaires, et l’administration de l’ancienne Palestine n’était pas à Al Qods, mais à Damas ; et donc que le Sionisme qui s’est effectivement rendu maître de la moitié de Jérusalem ou de ses centres vitaux pendant l’état de siège britannique de la ville pendant la seconde guerre mondiale, ne saurait respirer dans sa spoliation qu’en éliminant Damas. Aussi faut-il regarder ce que les médiats appellent maintenant la bataille de Damas comme décisive de l’avenir des palestiniens. Venir à leur secours implique de ne point briser la puissance damascène.

Le terrorisme a déjà frappé le Palais de justice, plusieurs bâtiments de la sûreté, par des coups de main, et l’intensification des combats dans le pays se fait annoncer par le fameux rappel de l’emploi prétendu de l’artillerie lourde ; absurde contre une population ! il est, en réalité pour les médiats, une manière de dire que les insurgés sont assez bien équipés, comme il s’est vu dans le village de Tremsa où une embuscade fut montée avec des mortiers contre une colonne motorisée d’insurgés, de ceux que l’on désigne comme envahisseurs, et le sont, en effet.

Toute neutralisation de la ville de Damas signifierait la perte de la légitimité d’Etat qui existait au moment de la fondation du « home national juif » (comme l’intitulaient les Sionistes). Chaque jour des déclarations hypocrites déplorent l’immoralité ou l’inhumanité de la colonisation sioniste, mais du bout des lèvres suggèrent qu’en droit nous avons affaire à un vide ; Non ! Les propriétés immobilières pouvaient bien être soumises à un régime d’occupation arbitraire, ces troupes devaient respecter les biens et les personnes d’un Etat dont elles étaient le tuteur, prétendaient-elles, mais ce tutorat était double : syro-libanais pour les Français et « palestinien » pour les Anglais, mais l’Etat antérieur qui subsistait toujours était la part syrienne de l’Empire ottoman !

Cette vérité est niée par les politiciens et tue médiatiquement. L’ignorer, c’est se placer du point de vue des intrus, et non de la nation arabe locale. Croire même qu’un Etat va être octroyé aux Palestiniens alors que l’Etat syrien se remandatise ou va se préparer à je ne sais quel protectorat qatari est une naïveté. Quant à s’agiter pour clamer sa « solidarité » avec le peuple des territoires occupés et participer au siège de Damas, c’est vouloir se réclamer de Saladin et s’allier aux Croisés de la nouvelle démocratie !

Si les Etats arabes, dont la ligue, encouragent ce que la Croix rouge vient, par une semi-vérité, de nommer « guerre civile » et n’est qu’une subversion, il leur faut reconnaître qu’ils auront affaibli la cause des réfugiés palestiniens. Pour que ceux-ci retournent à leurs foyers –et ce droit fait qu’ils ont reçu le titre de réfugiés de la part des Nations-Unies, il faut que l’ordre règne à Damas ; opposer une démocratie ou quelque révolution à cet ordre, c’est présenter, comme le croit encore une bonne partie de la gauche française et internationale, le sionisme comme un socialisme ; l’occupation des terres comme un recul de la féodalité arabe, selon ce que laissaient entendre nos démocrates présentant Nasser comme un tyran !

Les souffrances continues des Palestiniens leur assurent une sympathie croissante, mais le malheur est, pour les Palestiniens, de se voir abandonnés dans leur revendication au droit du retour ; leur barrer ce chemin, c’est aussi déclencher, armer et soutenir la bataille de Damas, vraie planche de salut pour le régime de Tel-Aviv !

 
 
 
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