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La barbarie révolutionnaire et l’ordre syrien

dimanche 12 août 2012, par Pierre Dortiguier

Après les horreurs des guerres intestines et les expéditions de mercenaires étrangers, il est, à chaque fois, apparu une littérature morale et psychologique pour expliquer le déchaînement ou la démesure de l’instinct révolutionnaire. En France révolutionnaire l’horreur a été atteinte, pendant la révolution, dans les luttes vendéennes dirigées contre un peuple Wende, - dont on trouve des correspondances chez les Vénètes longtemps nord-italiens, autrichiens et en Allemagne - attaché à sa foi religieuse.

Il est difficile de formuler cette fureur, qui ressemble à une anarchie, à l’absence de frein, et les images de la guerre syrienne en offrent ; la lybienne de même, qui a montré cet acharnement inconnu au vrai soldat de vider son chargeur sur un corps innocent, au sens premier, qui ne peut plus nuire ! La vidéo montrant ici l’employé des douanes, homme au visage christique, nullement effrayé et sachant son sort, qui est la fin de l’absurdité et de la bassesse qui l’insulte, recevant une centaine de balles pose une question : de quel régime politique sont capables de pareils hommes ? Sont-ils au moins capables d’être gouvernés, si tant est qu’on le puisse sans pouvoir relayer en soi des indications de maîtrise supérieure ? [1]

Dans les fictions que l’on donne de l’antiquité, il ressort un besoin de vérité : celle de l’amnistie et du pardon des offenses, ce qui fait que l’autorité s’impose d’elle-même, et non pas des artifices ou des violences ouvertes ou déguisées. Une autre vidéo qui aura fait beaucoup pour faire douter du caractère populaire de ce qui est présenté comme une révolte par les médiats asservis, est celle de ces ouvriers tués dans les mêmes conditions à Alep, déshabillés ! L’acharnement de ces faux soldats sur eux est typique de leur nature dévoyée, et de la Terreur que leur victoire appuyée sur l’OTAN serait pour le peuple syrien ! Faux soldats, non pas au sens littéral, car ils touchent une solde de leur patron saoudien et qatari, ils ont d’autres faveurs ou promesses distribuées par les instructeurs venus d’ailleurs, sous d’autres pavillons, et sont naturellement incapables de travailler dans une nation : leur manque de conscience, - les italiens disent plus joliment - de « coscienziosità » « est un des principaux obstacles à leur développement », et à cet égard Max Weber (1869-1970), le célèbre professeur berlinois a finement précisé, que « le capitalisme ne peut pas utiliser le travail de ceux qui pratiquent la doctrine du libre arbitre indiscipliné, pas plus qu’il ne peut employer –Franklin nous l’a montré- un homme d’affaires absolument sans scrupules » [2]

Ces observations n’ont pour sens que de poser des questions plus générales ?
- Appelons nous ces exécutions de Syriens, en l’occurrence d’employés des douanes et d’ouvriers, dont un chrétien, comme le montre son cercueil à Alep, une bataille patriotique, ou au contraire, une destruction de toute éthique sociale ?
- Peut-on espérer en une équité de la part de ceux qui vident ainsi leur chargeur, et ouvrent leur cœur à une passion meurtrière, au goût de tuer ?
- Pareille indifférence à des « compatriotes présumés » n’implique-t-elle pas l’étrangeté des tueurs au milieu ambiant ?
- Est-il permis d’espérer un progrès du pays ou d’envisager, au contraire, une régression, avec ces gens en qui le pathologique l’emporte sur la volonté ?
- L’on nous parle de l’ASL, armée syrienne libre, et bien demandons-nous si des gens instruits au métier militaire se conduisent ainsi ? Ne s’agirait-il pas plutôt de gens intéressés qui, en criant le nom d’Allah encensent en fait le dieu de la richesse Mammon, celui dont le trône rapproché se trouve sur les bords du Golfe qu’il enrage d’entendre nommer Persique ?

En fait la référence religieuse ne doit pas abuser, car le noble Coran et les sages religieux ont précisé que ce qui sauve l’homme peut le perdre selon l’état de son cœur : l’intérêt des images terribles que nous pouvons voir de ces hommes assassinés et sadiquement criblés de balles, démontrent que tout sacré peut disparaître sous l’hypocrisie, et qu’il y a bien un mystère du mal, comme de la folie ! En tous les cas, le combat syrien est un dévoilement de la nécessité d’un Etat fort appuyé sur la raison devenue le rempart de la foi. Cependant que les éternels adversaires engagent un processus inverse d’irrationalité de la foi qui, Dieu le veuille, échouera en Syrie.

Notes

[1] http://french.irib.ir/galeries/vide...

[2] L’Ethique protestante et l’esprit du capitalisme, 1920, trad. française, Plon, 1964, 286pp. p.58

 
 
 
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