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La Hongrie au pilori

mardi 3 janvier 2012, par Pierre Dortiguier

Depuis la victoire électorale d’il y a dix-huit mois, du courant patriotique de Viktor Orban aux élections générales, une première vague d’opinion répandue par les médiats mondiaux a discrédité la maturité politique d’un peuple accusé d’euro-scepticisme, faute qui n’est tolérée et même encouragée discrètement que quand elle a son étiquette anglaise ; pareille attitude, comme dans la dernière affaire de la règle d’or budgétaire, est bien vue, comme une sorte de porte de sortie toujours ouverte, si le monstre germanique veut rendre toutes les salles du continent hermétiques et faire monter la température du travail !

L’ Europe des 27 a donc sa formule libertaire : n-1, tous ensemble moins la Grande-Bretagne. Mais appliquer cette même expression à une exception hongroise est peut-être politiquement possible, par reconnaissance obligée d’une décision populaire, mais moralement inacceptée par ceux qui s’arrogent le droit de parler, non au nom, mais à la place des peuples !

Ainsi cette Hongrie qui a la particularité de retrouver ses communautés protestantes, qui rencontraient au 17ème siècle dans l’Empire ottoman, un protecteur, notamment dans les territoires roumains annexés au mépris de l’autodétermination des peuples, en 1918, et Hongrie catholique majoritaire traditionnellement, puisque le Cardinal Mindszenty réfugié deux dizaines d’années, à l’Ambassade des Etats-Unis, et d’origine allemande, fut le symbole vivant du refus du communisme athée, décide-t-elle d’inscrire la foi en Dieu dans sa Constitution. Scandale et manifestations colorées dans les rues ! Qu’est-ce que cela peut faire à un esprit athée, puisque telle proposition demeure pour lui sans objet ? Et toutes les autres philosophies, de Voltaire à celle du sens commun, ne reconnaissent-elles pas Dieu dans leur existence ? Pourquoi cela serait-il contraire au courant européen dont il nous intéresse de voir émerger enfin le vrai visage ?

Ceux qui ignorent ce pays doivent voir le Danube à Budapest et même le meilleur des Viennois y reconnaît que la rive autrichienne n’est qu’une belle servante devant une majestueuse reine ! Imaginez maintenant un pays ouvert à la démocratie française en cette même année 1918 traînant avec elle des troupes indigènes venues de cinq continents, des Aurès algériens jusqu’au Tonkin, pour redresser une tendance trop marquée au folklore, à la prière et au travail agricole, et dont le seul monument du Parlement de Budapest fait tomber en jalousie tous les autres bancs et maisons parlementaires de la dite U.E. L’occupation démocratique et républicaine rétrécit, au nom du traité de Trianon de 1919, le pays au tiers de sa grandeur antérieure, comme si la France était réduite à une superficie de 200 km autour de Limoge et avait abandonné ses autres provinces ! Ensuite ce fut la République de Bela Kun avec ses exécutions sommaires de la population chrétienne, car ses gardes rouges n’étaient pas recrutés dans une sacristie, mais dans les mêmes endroits d’où partiraient les dynamiteurs des maisons arabes !

Bref, mais enfin, me direz-vous, il y eut la guerre avec ce protestant et amiral Horthy porté au pouvoir, mais qui sut s’attirer la faveur des Alliés ; tout est bien, alors, oui, mais il y eut ce peuple, celui même qui formait, dans la langue classique du 17ème siècle, « le parti des Mécontents », résistait à tout ce qui n’était pas lui, bref un Magyar ; le mot dit tout, si vous le prononcez en Europe centrale : majesté, insouciance et robustesse sont évoquées dans l’étendue de la Putza ou plaine marécageuse où courent ses chevaux ! Et bien, que s’est-il passé, les Allemands partis, le peuple a voulu se libérer des communistes et parents de Bela Kun qui arrivaient avec une formidable armée rouge et son pétrole et ses camions américains, précédée par les raids de l’aviation anglo-américaine. Le siège de Budapest dura d’octobre 44 à février 45. Imaginez un siège de Paris dans ces conditions ?

Deux cent milles personnes, il est vrai, accueillirent l’Armée rouge. Le reste de ceux qui n’avaient pas combattu, et les vaincus reprirent les armes en 1956, sans être soutenus par les Alliés, et aujourd’hui, ils veulent le respect des valeurs spirituelles qui sont celles d’une humanité entière, que les avortements ne soient pas banalisés, que Dieu soit reconnu dans les écoles, et les bâtiments publics, et que le mot de république ne soit pas le cheval de Troie du sectarisme. Ceci dit, si demain une monarchie magyar à la saoudienne ou à la norvégienne prête ses avions pour aller bombarder telle république d’Asie ou d’Afrique ou d’ailleurs qui voudra, comme le veut la Hongrie, rester elle-même et que son travail lui profite ; alors, peu importe que la république soit ou non inscrite dans la Constitution ! Mais si la Hongrie se reconnaît ailleurs que dans George Soros, si Orban veut compter sur une banque centrale et non sur le prêt du FMI, si sa jeunesse ne veut plus que le crédit soit une occasion de paupérisation comme cela vient de se produire, avec un taux d’intérêt de 9% et une perte considérable de la valeur de la monnaie qui a entraîné à sa suite des catastrophes dans le système bancaire autrichien à cause des spéculations internationales, alors on s’apercevra que le mot de république veut dire en hongrois l’unité de la foi populaire, une gestion autoritaire et non une idole dans la Mecque préislamique que forme le Parlement de Bruxelles ! A cet égard, la Hongrie pourrait être une nation réellement monothéiste, bref rigoureuse, ce qui lui vaut cette campagne qui veut éternellement discréditer tout vrai Prophète.

 
 
 
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