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La France a-t-elle encore un rôle politique ?

samedi 14 juillet 2012, par Pierre Dortiguier

Si par rôle, l’on entend la lecture d’une partition, alors le pays joue, parfaitement, la sienne ; il traduit les idées d’autrui, en sa propre langue, comme pour les habiller, internationalement, avec un certain goût ; ainsi, M.Hollande évoque-t-il le beau pays syrien, pour en cacher l’horreur que lui prépare l’armée otanienne, ou son avant-garde de mercenaires ! Le ministre des Affaires étrangères n’a pas la pudeur de se retenir de dire, que tel dirigeant a du sang sur les mains, oubliant les siennes souillées par ce sang contaminé qui lui barra la route élyséenne entrouverte par Mitterrand, lequel aura été soupçonné d’éliminer tous les obstacles, dans le style florentin qu’il savait faire briller sur ses actes les plus sombres ! Mais le tout est dans le ton, mais hors cette forme, le fond est absent ; car le pays n’a plus rien à redire à l’hégémonie, mais à s’y retirer comme un corps frissonnant de froid.

La perspective de notre politique étrangère étant, définitivement, éclairée, par l’alignement sur la position belliciste de Washington, sur l’Otanisme, existe-t-il une possibilité de réformer et, donc, d’innover, en matière intérieure ? Nos dirigeants semblent avoir adopté un manière de gouverner à deux vitesses, ou plutôt le corps socialiste offre deux têtes : la présidence est pondérée, et il est vrai que le goût de la vulgarité et une inculture visible, propres à l’ancien Président réfugié au Canada, sont, heureusement, absents, chez un homme, qui a, au moins, obtenu de vrais diplômes de haut-fonctionnaire et ne joue pas au nouveau riche, quoiqu’il soit plus qu’aisé ! Mais le Premier ministre, l’hôtel Matignon, pour désigner son château, est bien plus radical, et systématiquement opposé à tout ce que firent ses adversaires, du temps où il était maire et chef du groupe parlementaire. Le dernier gouvernement bloque-t-il le prix du gaz, même, momentanément, il le débloque, car quelque malin esprit doit inspirer "ceux de droite" ; et c’est sur cette lancée que nous allons découvrir les charmes du paysage social que les conférences nous promettent.

L’homme du Sentier, quartier de Paris où l’entité sioniste est idolâtrée, M. Moscovici entend ne répondre à aucune question sur la politique économique, sur notre catastrophique recul de ventes, qui, en Europe, est de 14%, car le sujet est trop sérieux, pour que des phrases, de sa part, soient mal interprétées. C’est un médecin sans diagnostic et attend, pour agir de deviner, si le maladre survivra longtemps. Dans ce dernier cas, il faudra une réponse, soit, mais l’on se demande sur quelle base sérieuse un électorat peut choisir des hommes qui n’ont, finalement, rien dit d’autre qu’essayer, c’est m’adopter ! Cette légèreté française, comme on le disait des anciens Athéniens, est le paradis des avocats, et des orateurs, qui flattent ou apaisent, comme ces ostéopathes, qui se servent d’instruments électriques, mais très peu ou brièvement de leurs mains ; le malade est traité, mais non touché, car, pour cela, il faut connaître la structure du corps ; et cela est contraire à l’éducation du jour, habituée à une certaine magie du résultat, par le verbe, aux demi-vérités ou au mensonge utile, réaliste, à ne pas dominer le temps, mais à surfer, sur les vagues de ce dernier, en se rassurant sur la mobilité populaire qui oublie tout ce qui n’est pas agréable.

La situation, psychologiquement, est, chose paradoxale, plus favorable à ceux qui promettent, qu’à ceux qui avertissent de ne pas demeurer sur la mauvaise voie ; l’exemple espagnol donne le plus de relief à cette conduite contemporaine : au lieu de former à de nouveaux métiers ou d’avertir de la non rentabilité des mines, on subventionne sur des emprunts étrangers, une activité que l’on sait condamnée. C’est ainsi que, comme Jésus (béni soit-il), dans l’Évangile, l’accueil madrilène enthousiasmant se transforme en balles à caoutchouc et en matraques, le lendemain. Car tout reste dans l’apparence, et la réclamation de la justice prompte sur les lèvres de l’avocat, ou des tribuns du peuple, se passe de la question de la vérité de ce qu’on demande !

A ce jeu, la gauche européenne (exception faite du Socialisme démocratique allemand) peut mettre les difficultés du jour, sur le compte d’une gestion désastreuse ou d’un mur d’argent - selon l’expression traditionnelle - et redoubler la dépendance externe de chaque pays envers ces mêmes milieux financiers. Cela conduisit à la ruine de toutes les expériences socialistes, dont, en premier, celle du Front Populaire, en France et en Espagne, qui accrut la paupérisation et la seule richesse des acheteurs et trafiquants de biens ! Chez nous, le phénomène a été bien observé, par Jean Giraudoux, qui devait être ministre de l’Information, dans le dernier gouvernement de la troisième république ; et cette impuissance gauchiste eut tant de gravité que chacun se fait un devoir d’oublier que c’est cette chambre de Front Populaire, communistes, en moins, qui remit les pleins pouvoirs au Maréchal, pour réparer les dégâts d’une guerre déclarée, mais non votée, parlementairement, par le gouvernement confiant dans l’appui américain (selon l’argumentation du ministre de l’Intérieur et des colonies Georges Mandel et une âpre discussion de plusieurs heures, pour savoir, si nous suivrions ou non l’Angleterre).

Ce n’est point que la droite ait le seul mérite de réparer les politiques déficientes de la gauche, mais l’actuel gouvernement, entraîné par le Premier ministre, M.Ayrault et, parfois, en discordance avec l’Elysée, pratique la fuite en avant et radicalise le pays contre les futurs responsables d’une chute du niveau de vie que l’on sait inévitable ! S’en prendra-t-on, comme périodiquement, au voisin de l’Est, ou, pourquoi pas, à une subversion islamiste rendue responsable de l’insécurité croissante, verra-t-on une sorte de socialisme à visage droitier diffuser quelque xénophobie, dans le cadre d’une mobilisation contre des islamismes préfabriqués ? Tout est permis à ceux qui s’éloignent du réalisme que le prince des philosophes voyait dans le juste milieu !

Mais ce faisant, l’on oublie que pour ainsi trancher, il est besoin d’une personnalité, comme un jugement de Salomon implique une existence prophétique et non pas un simple modèle arithmétique ! Il n’est pas impossible, du reste, que dans les orientations de la politique, tant intérieure qu’étrangère, la référence aux comités politiques, aux dialogues généraux et autres pancartes grandiloquentes, ne dissimule que l’absence de décision, la difficulté, sans culture morale du courage, de proposer à un peuple une direction. En philosophie, cela ne nomme le nihilisme, et l’on ne dira plus, bientôt, si le monde tourne ainsi, gauche ou droite, mais nihilisme, fort ou faible, et tous ceux qui y contrediront seront des tyranneaux, promis à la vindicte populaire, condamnés en fait par les forces occultes qui nous poussent dans une direction choisie.

L’un des symptômes de ce nihilisme ou anesthésie de la volonté est l’accroissement, signalé sur le site de l’IRIB, de l’activité maçonnique, en France. Elle multiplie ses formes, pour encadrer le désarroi social, en favorisant l’aboulie politique ! Au profit de qui ? Il suffit de regarder le berceau de cette association, pour y répondre, cependant, que le mot de l’écrivain normand du 19ème siècle, Barbey d’Aurevilly (1808-1889, l’auteur de l"’Ensorcelée" qui est une réflexion sur la démocratie mal entendue !) "La démocratie semble être la règle du monde moderne, et ... n’en est que la punition", résonne comme une prophétie. Mais qui d’autre qu’un prophète, pour reprendre un mot de Goethe, plus tranché, "peut défendre la foule contre la foule" ?

 
 
 
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