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L’invasion de la Syrie compte sur l’inertie politique !

jeudi 19 juillet 2012, par Pierre Dortiguier

La mort du ministre de la Défense et du chef du Renseignement, dans l’attentat terroriste, montre que l’intention des puissances étrangères est la conquête du pays, selon le scénario libyen, et au bénéfice, bien sûr, du principal ennemi occupant le Golan, le régime de Tel-Aviv. Il est notable que la méthode employée ressemble à une Révolution souterraine appuyée sur la Turquie, qui est le véritable adversaire d’Assad, l’Arabie saoudite servant, avec ses acolytes, de magasins d’équipement humain et matériel.

On n’a pas peut-être assez relevé que la Syrie est un obstacle au plan de réaménagement de la région sous l’égide turque brandissant un drapeau néoottoman, avec un mélange de laïcité et d’islamisme, à usage de consommation politique, pour additionner les forces capables de faire tomber tout Etat fort ! On a, bien sûr, noté l’agressivité de M. Erdogan envers la Libye, mais ce n’était que la répétition d’uns stratégie, dont le principal atout se révélera être l’incapacité des opposants à proposer une solution politique, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. La raison en est que l’attente a remplacé (si l’on nous permet ce jeu de mot philosophique) l’attention à la situation. Chacun, par préjugé familial ou ethnique, plus que confessionnel, -car le pays est très uni dans sa diversité, du fait de l’ancienneté de son Histoire- spécule sur son propre devenir avec l’illusion que ce que l’Occident cherche, c’est la tête d’Assad ! Non, l’Occident cherche, et l’entité sioniste, en premier, la chute ou l’affaiblissement durable de la Syrie.

En France, l’opinion publique est sensible à cette ambition américaine, et nombreux sont ceux qui disent que le départ du Président Assad, en imposant l’anarchie, serait une boîte à malices, comme les Américains ont su les ouvrir, en Orient ! Mais la classe politique, celle des ambitieux du pouvoir et des ses illusions, le comprend-t-elle, en Syrie ?

En Tunisie, l’absence de réaction politique, avant la chute du général Ben Ali, et, surtout, pendant les manifestations, a permis à de pâles figures de prendre le pouvoir, dans une vertigineuse chute du pays. En fait, l’incapacité est en soi une nature, mais la faute morale de l’instabilité ou de l’indécision politique incombe au manque de courage des « hautes sphères » ; c’est à elles que le Président Assad a dit que le pays était en guerre contre une invasion, mais le propre de nombreuses couches qui disent vivre avec le peuple, et s’en distinguent, néanmoins, est de croire aux sourires des puissants étrangers.

L’illusion tunisienne a même été de se faire l’avocat de la stratégie de Mme Clinton, en demandant l’expulsion de la Syrie et en envoyant des pauvres jeunes gens se faite tuer, moyennant des rétributions financières du Golfe !

Quelle honte, quel ridicule sanglant, que de revêtir la tenue du croyant, pour faire la même chose que notre Fabius national !

La mauvaise foi ou l’aveuglement volontaire font le reste. Pour commenter la position du Premier ministre turc, qui ne cesse de rêver du départ du Président Assad, un journaliste turc, interrogé, aujourd’hui, par Russia Today, compare la formule du président syrien disant qu’il a le peuple derrière lui et donc ne démissionne pas, pour complaire aux ladies Ashton et Clinton, à la croyance du dernier Shah d’avoir le peuple avec lui !

Quand on en arrive à ce degré d’enfantillage, il ne reste qu’à trouver logique que les Occidentaux aient confiance en leur campagne terroriste, ou dans les possibilités que leur donnent les drogues physiques et mentales qu’ils font distribuer aux assassins déguisés en Armée libre !

La Russie et la Chine disposent de preuves de l’invasion de la Syrie, car ce n’est pas l’idéologie qui est le ciment de leur union avec la coalition au pouvoir à Damas. C’est une crainte nationale de voir l’Occident user contre eux des mêmes ressources politico-militaires, révolutionnaires, (car il s’agit de méthodes révolutionnaires, au service de l’impérialisme traditionnel) contre eux.

Peut-on imaginer que les intellectuels ou ceux qui s’estiment tels (car il s’agit d’une appréciation de ses qualités de réflexion) dans « le monde arabe », dans cette « nation Arabe » à laquelle fait allusion le drapeau syrien, aient autant de sens ou d’instinct patriotique que les deux géants d’Eurasie ? C’est une question d’existence ou de non-existence pour eux.

La Ligue arabe est déconsidérée, et puis chacun sait qu’elle est née, dans une sorte de clinique politique anglaise, d’où son inefficacité continue, dans la défense du peuple palestinien ; mais le sens arabe de l’unité est à l’épreuve, en premier, en Egypte, et peut-on attendre des nouveaux dirigeants ou de ces deux partis qui se sont partagés le pays, faute de pouvoir le rassembler derrière un programme clair, de sentir que l’Etat syrien est leur propre Etat arabe ?

En douter est ouvrir grandes les portes de l’invasion, et là, encore, l’on verra les Américains et les Franco-britanniques prendre leur revanche sur ceux qui les ont bravés, mais aussi, que Dieu nous en garde, juger que l’instant est mûr, pour une recolonisation durable, et que si quelque Algérie les nargue, le théorème syrien lui sera appliqué, ce dont, comme Français des années soixante, je doute absolument !

Que les Arabes comprennent que leur futur est en jeu, que l’on peut entrer, sur la scène de l’Histoire, c’est-à-dire, aussi, en sortir !

 
 
 
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