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L’erreur de Khadafi

selon son fils Khammis Khadafi

lundi 10 octobre 2011, par Pierre Dortiguier

Ceux qui répètent le nom de l’un des jeunes fils du guide libyen (lequel rappelons-le n’était point en droit libyen chef d’Etat, mais l’inspirateur de la révolution de 1969 opérée sans verser de sang) le nommé Khammis, déjà frappé de traumatisme crânien, âgé de trois ans par le bombardement américain ordonné en 1986 par l’acteur président Reagan, et ayant attaché sa vie à la formation de sa 32ème brigade, n’insistent pas sur le fait qu’il a été élève de l’ancienne école militaire soviétique de Frounzé, fondée à Moscou en 1924, d’après le célèbre Michel Frounzé décédé de façon suspecte en 1925, pour s’être opposé à la mise en coupe de l’armée par la police politique. Il sort aussi de l’Académie de l’état-major général des Forces armées de la Fédération de Russie. Le site russe argumenti.ru fait état d’une conversation téléphonique du jeune militaire qui remercie sa mère nourricière de Russie, comme on désignait l’université dans les temps anciens, à un camarade d’études désigné par le prénom Sergueï, le site protégeant son anonymat.

Nous en extrayons le passage suivant dans lequel, après avoir célébré la résistance que l’on constate à l’OTAN et mentionné les énormes pertes humaines et matérielles dont les médiats ne nous disent que fort peu, et les ONG quasi rien, ou de façon si brève que tout est oublié dans l’euphorie du nouvel alcoolisme civique qu’est l’exaltation d’une démocratie parrainée par l’Occident et le nouveau mercenariat du Qatar : « Beaucoup de choses ont maintenant changé dans le monde. Qui eût pu penser à tout ce qui est en train de se produire ? Mais souvenez-vous en - c’est ce à quoi nous nous sommes préparés et que nous avons étudié. Et cette épreuve nous la subissons courageusement. En dépit de ce que prétendent la presse écrite et télévisée britannique, française ou américaine - la plupart de la population nous soutient. Et nous n’allons pas les abandonner ni permettre des pillages et des massacres. Peut-être avons-nous commis l’erreur de mesurer ce conflit à l’échelle nationale alors qu’il ne l’était pas. »

C’est là un point notable, en effet, qui est à l’honneur de l’esprit synthétique du jeune homme, et que l’on peut désormais qualifier d’« erreur de Khadafi ». Il ne nous appartient cependant pas de nous substituer à la vaste opinion publique que forment les tribus libyennes, mais il reste qu’au point de vue historique, la formule de Khammis Khadafi gardera sa valeur pour résoudre tous les problèmes que posent les interventions, ou à parler géopolitique, les préparations insurrectionnelles et subversives sous le drapeau états-unien et otanien ! Jusqu’où ira cette suite de dominos qu’une main invisible veut faire tomber et ce jusque dans les anciennes républiques soviétiques, et ainsi trôner dans une Sibérie regorgeant de richesses tout comme dans l’Iran ainsi arraché à sa propre destinée ? Pour de pareils stratèges, Syrie, Algérie, Iran ne sont que des stations dans leur marche jusqu’à ce que l’on puisse proclamer le départ de ce « nouveau siècle américain », que l’Amérique réelle vit dans un cauchemar. Le vrai rêve américain populaire, toutes races confondues, est la fin du pouvoir tyrannique de Wall Street et du privilège de la FED qui est l’usurier d’abord national ayant établi boutique en 1913 et maintenant veut devenir mondial à coup de crises, de subversions à visée anarchiste et ce au prix de toutes les impostures.

C’est donc à une vision du monde (Weltanschauung), selon une expression philosophique allemande connue, que d’abord les peuples des pays musulmans et leurs minorités chrétiennes - toutes dans la perspective de l’unicité divine, qui est un sens métaphysique de la finitude - doivent se livrer, contre ce que Karl Marx nommait, en bon étudiant du Hegel berlinois, « le polythéisme des besoins », et ce que nous dirions mieux une idolâtrie des notions, des désirs impossibles et des utopies destructrices, le calvaire de la représentation multipliant le vouloir creux, eût précisé son concurrent Schopenhauer et dont les meutes parlementaires et les comités qui essaiment en sortant de la ruche du New Endowment for Democracy, dans les ranchs clintoniens, offrent l’exemple. Cette vision nous fait apparaître d’abord l’unité du monde, ce que le prophète Abraham que commentait aussi Hegel dans ses écrits théologiques de jeunesse, a certainement éprouvé quand il a détruit, selon ce qui nous est rapporté, les images qui obscurcissent l’intelligence en marche dans l’Histoire. Une réflexion claire démontre que nous avons affaire à une unité de situation partout : l’opposition du « chaos constructif » instauré par les Brezinski depuis 1979 et en face la réaction disciplinée telle que la Providence ou Volonté divine l’a instituée, contre les intrigues des hommes déjà mis en place, à la manière du démocrate à la syrienne, le premier ministre iranien Bazargan, pour, dirions-nous maintenant, un printemps iranien, pour le bénéfice du monde entier, avec la riposte non pas locale, mais universelle de l’imam Khomeiny, d’heureuse mémoire. Quand il disait en stratège : « n’oubliez pas Al Qods », il entendait avertir de cette erreur funeste aux Arabes d’oublier qu’il existe une division des partis et des ethnies ayant permis la spoliation d’une cité réputée sainte au cœur des croyants. Il suffit de lire les commentaires de la presse turque d’Hürriyet, dans l’édition anglaise d’aujourd’hui, pour déduire qui si chacun se met d’accord pour prédire, par exemple, une longue lutte intestine en Syrie, suite de celle de Libye, c’est que l’ordre, le projet, le moyen de l’exécuter est connu, son lieu d’origine aussi, et qu’une armée se lève équipée, entraînée, et rien que vaincue définitivement par l’Imam du temps. Que Dieu hâte sa venue, disent les fidèles et soupirent déjà les victimes.

 
 
 
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