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L’Iran de la foi !

mardi 6 mars 2012, par Pierre Dortiguier

Nous disposons de mots qui n’ont point leur pareil,
Comme la religion*, que l’on traduit par « dîn »
En quoi l’Arabisant efface l’essentiel
S’il rejette la lampe offerte à Aladin
D’où sort un grand génie de type mazdéen
Nous enseignant un pont traversé par les âmes
Et qui s’effondrerait si leur corps aérien
S’alourdissait de fautes enchaînées à des drames !
L’image est un emprunt que le Coran fait voir,
Comme ce qui provient des hauteurs d’un regard :
Et non point des lueurs que donne le miroir
Qui aveugle l’esprit vagabond et hagard.
Ce nom viendrait d’Iran, comparable au fortin,
Ou bâtisse profonde, dont on aurait orné
Les alentours d’ouvrages et d’un long serpentin
Qui sont châteaux** sans but, pour un soldat bien né.
Comment peut-on tenir la durée d’un long siège,
Si les murailles sont le décor d’un manège ?

* Le mot de religion est mystérieux et n’a jamais été élucidé, et donc bien traduit et compris, pas même par Cicéron ou celui qui écrit en latin « De la nature des dieux », sous ce nom, peut-être l’homme de la Renaissance florentine du 15ème siècle, Poggio Bracciolini (1380-1459), qui distingue le mérite ou vertu du terme en question, de celui de superstition, où il voit l’usage matériel de demander que les enfants survécussent, « ut superstites essent », littéralement « qu’ils fussent survivants » d’où l’on aurait fait « superstiosus » ! Religieux est employé dans les textes « latins » pour la vertu de prudence et de scrupule. Henry Corbin met en relation « dîn » avec un nom persan du jugement des âmes passant, devant des Anges, l’épreuve d’un pont d’où elles plongent dans l’abîme si elles sont trop lourdes, qui est une célèbre image coranique.

** « C’était comme un de ces châteaux d’abord formés d’un seul corps de logis, et autour duquel s’accumulent des ailes, des tours, des étages, qui font disparaître l’ancienne fondation sous leurs aspects multipliés. » Gobineau, Histoire des Perses, Paris, Plon, 1869, tome second, 637pp., p. 61

 
 
 
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