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Joseph-Marie comte de Maistre dans un sillage voltairien

Au Père Henri de Gensac, S.J.

mardi 14 juin 2011, par Pierre Dortiguier

« Ne disputons jamais sur les noms » Voltaire, Essai sur la poésie épique.

Sur certain propos d’égalité féminine, de teneur platonicienne, que sa fille cadette Constance, alors âgée de quinze ans, trouve dans Voltaire, le comte de Maistre précise : « Jamais je n’ai tout lu, et il y a trente ans que je n’ai pas lu une ligne » [1]. Faut-il donc proscrire toute influence de l’œuvre de Voltaire sur le nouveau Savoyard des lettres confessant le 9 août 1819 au député de la Gironde le comte de Marcellus qui connaissait bien l’évêque d’Aoste, son frère défunt : « Je meurs avec l’Europe, je suis en bonne compagnie » ? L’autre réponse paternelle, l’année suivante [2], à la défense par l’adolescente du génie féminin étouffé par la médiocrité de l’éducation et ornée d’une grâce familière, sorte d’écume, comme on le dit de la faux de Saturne, teinte du sang de la raison blessée et jetée dans l’Océan, qui donna naissance à la beauté d’Aphrodite : « N’as-tu jamais entendu réciter l’épitaphe de la fameuse marquise du Chatelet par Voltaire ? En tout cas la voici » : 

L’univers a perdu la sublime Emilie ;
Elle aima les plaisirs, les arts, la vérité.
Les dieux en lui donnant leur âme et leur génie,
Ne s’étaient réservé que l’immortalité.

« .../… Ce qu’il y a de mieux dans ta lettre et de plus décisif, c‘est ton observation sur les matériaux de la création humaine. A le bien prendre, il n’y a que l’homme qui soit vraiment cendre et poussière. Si on voulait vraiment lui dire ses vérités en face, il serait boue, au lieu que la femme est faite d’un limon déjà préparé et élevé à la dignité de côte. Corpo di Bacco ! Questo vuol dire molto ! Au reste, mon cher enfant, tu n’en diras jamais assez, à mon grè sur la noblesse des femmes (mêmes bourgeoises) ; il ne doit y avoir pour un homme rien de plus excellent qu’une femme ; tout comme pour nos femmes, etc. Mais c’est précisément en vertu de ces côtes sublimes que je me fâche sérieusement, lorsque j’en vois qui veulent devenir limon primitif. Il me semble que la question est tout-à-fait éclaircie. »

Le « Pyrrhonisme de l’histoire » [3] inspire la polémique du chef de la grande Chancellerie du Royaume Sarde contre l’opposition politique du clergé gallican à la nécessaire « monarchie européenne ». Près de la méthode critique établie par l’Essai sur les Mœurs et l’Esprit des Nations, relevée plusieurs fois dans le livre Du Pape, marche de compagnie non seulement la sublimité, par exemple, de la Messiade de Klopstock dont la comtesse de Maistre (née Morand) est lectrice assidue, mais aussi la haute idée conçue, non ans humeur, de Kant [4] nourrissant la réfutation d’un sensualisme qui réduit la vie de la conscience à une faculté analytique de sentir, jusqu’à ne former qu’un tout abstrait et fictif, préface à un matérialisme qu’est, comme il s’en exprime auprès du ministre de l’instruction publique en Russie, « l’idéologie française », plus à considérer, du reste, - à parler le langage philosophique du comte de Maistre - qu’à jamais logiquement définir.

Nous sommes,- au cœur même de l’apologie de la vertu de religion -, encore dans le sillage voltairien : « les critiques mêmes qu’on adresse aux prêtres catholiques prouvent leur supériorité. Voltaire l’a fort bien qui dit : « la vie séculière a toujours été plus vicieuse que celle des prêtres, mais les désordres de ceux-ci ont toujours été plus remarquables par leur contraste avec la règle .On ne leur pardonne rien parce qu’on en attend tout… ». [5] Sur un plan plus vaste, l’histoire de l’Europe est, à l’évidence, le miroir de quelque instabilité, tendue par la force spirituelle et matérielle la plus prodigieuse qui existât dans le cours de ses vicissitudes. Le but politique du magistrat sarde est de représenter cette force dans des termes dont on a dit souvent l’éloquence, mais moins, peut-être, le fondement psychologique et moral qui est tout anthropologique et non pas « théosophique », terme, au reste, refusé expressément par lui « Nulle institution n’a duré dix-huit siècle. Ce prodige qui serait frappant partout l’est plus particulièrement au sein de la mobile Europe. Le repos est le supplice de l’Europe et ce caractère contraste merveilleusement avec l’immobilité orientale… Il faut qu’il agisse, il faut qu’il entreprenne, il faut qu’il innove et qu’il change tout ce qu’il peut atteindre. La politique surtout n’a cessé d’exercer le génie innovateur des enfants de Japhet… Dans l’inquiète défiance qui les tient sans cesse en garde contre la souveraineté il y a beaucoup d’orgueil sans doute, mais il y a aussi une juste conscience de leur dignité. Dieu seul connaît les quantités respectives de ces deux éléments ». Plusieurs citations de l’« Essai sur les Mœurs et l’Esprit des Nations » de Voltaire contenues au livre second de l’ouvrage politique par excellence de Joseph de Maistre dont l’exergue célébrant l’unité de commandement est emprunté d’Homère, peuvent bien être accompagnées de sarcasmes sur un vice de tautologie ou d’identité creuse de termes, tels que : « les assemblées du peuple qui s’appelaient églises. C’est ainsi que les assemblées du peuple s’appelaient des assemblées. Toutes les œuvres philosophiques et historiques de Voltaire sont remplies de ces trait d’une érudition éblouissante ». Il avoue cependant que le même « Voltaire a parfaitement raison », dans le fond, sur la tromperie des noms et la contradiction du mot de monarchie qui « peut représenter deux gouvernements ou contemporains ou séparés par le temps plus ou moins différents sous la même dénomination ; en sorte qu’on ne pourra point affirmer de l’un tout ce qu’on affirmera de l’autre. » Le père de la Henriade est-il apostrophé pour avoir dit :

« Ainsi de nos aïeux les augustes décrets
Au rang de Charlemagne ont placé les Capets »

« Charlatan ! où donc a-t-il vu toutes ces belles choses ? Dans quel livre a-t-il lu les droits du peuple ? ou de quel fait les a-t-il dérivé ? ». [6] La réprimande aussi est voltairienne, tant le génie n’a de meilleur juge que soi : « Il est bon d’entendre Voltaire raisonner comme historien sur le même événement  ». On sait comment Hugues Capet enleva la couronne à l’oncle du dernier Roi. « Si les suffrages eussent été libres (souligné dans le texte de Voltaire par Joseph de Maistre), Charles aurait été Roi de France ; Ce ne fut point un parlement de la nation qui le priva du droit de ses ancêtres comme l’on dit tant d’historiens, ce fut ce qui fait et qui défait les rois, la force aidée de la prudence ». Un autre recours à Voltaire observateur et polémiste se fait dans la défense des jésuites accueillis et protégés par le Roi de Prusse et l’Impératrice de Russie ; l’opposition ancienne des Pères et des jansénistes ou prétendus tels a quelque analogie avec les données actuelles de l’expérience révolutionnaire, sauf que les loups ont pris le pelage jacobin, mais les bergers du pouvoir, « c’est-à-dire les parlements gangrenés de jansénisme et leurs cousins » [7] qui « ont fait le beau chef d’œuvre que nous contemplons depuis vingt ans », comme il l’écrit dans une Quatrième lettre sur l’éducation publique en Russie à M. le comte Rasoumowsky, ministre de l’instruction publique sont désarmés et complices souvent avant d’être victimes avec leurs troupeaux, de cette férocité. Voltaire, dont il reproduit une courte fable, est alors prophète et le trait d’esprit devient formule de politique : « C’est encore Voltaire que j’appelle en témoignage sur ce point. La conscience est une espèce de tortue qui extorque la vérité aux malfaiteurs. Vous ne serez pas fâché, monsieur le comte, que je vous fasse lire les vers qui lui échappèrent à l’époque de la destruction des jésuites » :

Les renards et les loups furent longtemps en guerre :
Nous moutons respiraient : nos bergers diligents
Ont chassé par arrêt les renards de nos champs
Les loups vont désoler la terre ;
Nos bergers semblent, entre nous,
Un peu d’accord avec les loups [8]

C’est par les yeux de Voltaire que le Savoyard accommode sa vue de la religion même ; car le regard parisien est scrutateur et chaque ligne porte « à coup », comme le lui écrivait le jeune prince de Prusse. La citation se présente sans effort, sous la plume de l’observateur du protestantisme agonisant. Et « trop humain », ainsi en est-il de la naturalité de l’Eglise réformée comparée à la sainteté exigée du prêtre, nom qui, observe-t-il, fait insensiblement honte : « j’ai examiné de très près cette classe d’hommes ; j’ai surtout interrogé sur ces ministres évangéliques l’opinion qui les environne, et cette opinion s’accorde avec la nôtre, pour ne leur accorder aucune supériorité de caractère ».

Ce qu’ils peuvent n’est rien ; véritablement hommes,
Ils sont ce que nous sommes,
Et vivent comme nous.

« On ne leur demande que la probité, mais qu’est-ce donc que cette vertu humaine pour ce redoutable ministère qui exige la probité divinisée, c’est-à-dire la sainteté ? » Blâmer Voltaire n’est point le bannir de la République des Lettres, ce qui serait tyranniser, mais rendre aussi justice à sa grandeur et respecter sa gloire, contrairement à la raison vulgaire qui élève ou abat selon ses humeurs. « Tel est Voltaire, le plus méprisable des écrivains lorsqu’on ne le considère que sous le point de vue moral, et c’est par cette raison même le meilleur témoin pour la Vérité lorsqu’il lui rend hommage par distraction » N’est-ce pas aussi l’autre nom du naturel ?

L’exaspération du dialogue qu’il voulait anonyme, des Soirées de Saint-Pétersbourg ou Entretiens sur le gouvernement temporel de la Providence, doit être prise à la lettre : « Voltaire est insupportable dans l’histoire, en dépit de son art, de son élégance, de son style, aucune qualité ne pouvant remplacer celles qui lui manquent et qui sont la vie de l’histoire, la gravité, la bonne foi et la dignité ». Voltaire peut n’être pas toujours un historien exact, mais « ses livres d’histoire lui font grand honneur et ce qu’ils ont qui le recommande le plus, c’est d’avoir été chacun refaits dix fois », a pu écrire Emile Faguet ; lui convient le mot de l’Athénien d’être un « monument perpétuel ». [9] Réformer n’est pas dénier, ni élaguer, déraciner.

Le sillage voltairien s’élargit en trois thèmes : l’utilité de la pensée opposée à la pluralité et à l’obscurité des définitions, ce que l’auteur de L’Examen sur la philosophie de Bacon formule à l’emporte-pièce ou écrivant que « la métaphysique de l’art » ne vaut point une création. Secondement, le privilège de l’expérience sur la perception des essences et l’absurdité conséquente de vouloir tout définir « la plus grande des erreurs », écrit Maitre, « serait donc de croire ce que ne cesse d’avancer la secte moderne qui n’a travaillé qu’à obscurcir toutes les vérités, que ce qui ne peut être défini n’est point connu, tandis qu’il est, au contraire, de l’essence de ce qui est parfaitement connu de ne pouvoir être défini ; car plus une chose est connue, et plus elle nous approche de l’intuition qui exclue toute équation » ; le dégoût, enfin des généralités, qui prend à témoin le sentiment individuel du public contre l’idolâtrie du jugement esthétique et fait saillir l’ignorance des faits. N’est-c point le début de L’Essai sur la poésie épique, par Voltaire ? « On a accablé presque tous les arts d’un nombre prodigieux de règles dont la plupart sont inutiles ou fausses. Nous trouvons partout des leçons, mais bien peu d’exemples que de parler en maître des choses qu’on ne peut exécuter : il y a cent poétiques contre un poème. Le monde est plein de critiques, qui, à force de commentaires, de définitions, de distinctions, sont parvenus à obscurcir les connaissances les plus claires et les plus simples. Il semble qu’on n’aime que les chemins difficiles. Chaque science, chaque étude a son jargon inintelligible qui semble n’être qu’inventé que pour en interdire l’accès ».

Quels sont les lointains de cette navigation ? Le siècle de Voltaire et de Frédéric est-il un paravent philosophique des « Sophistes de l’impiété » (selon le mot de l’abbé Augustin de Barruel, du reste, admiratif de l’humanité du monarque) et le chancelier l’homme du monde « à qui il manque de temps en temps , entre sept et neuf heures du matin, suivant la saison, une à deux tasses de café philosophiques ou théologiques » ? Ne nous méprenons pas, lorsqu’il mesure ainsi un 5 juin 1815, dans une lettre de Saint-Pétersbourg au R.P. D’Ervellange-Vitry l’absence de l’ami jésuite italien éloigné en Russie. Il s’agit d’une vitalité de l’esprit philosophique « dans le génie occidental » [10] et ses prémisses se manifestent par le caractère dont Schopenhauer, dans ses papiers posthumes, fait honneur à Winckelmann, relativement aux contemporains et à sa postérité, laissant se dégrader le langage, non pas d’avoir une « valeur » esthétique, comme s’en enflent les sectaires, visés naguère par Heidegger, sur le fantôme romain de la grécité, mais « à un haut degré le goût et le sens de la beauté  ». Cet historien brandebourgeois de l’art, qui déclarait dans une correspondance française avec l’historien impérial et premier ministre saxon, Heinrich comte de Bünau, avoir couru carrière « pour hasarder fortune dans un siècle métaphysique où les belles-lettres sont foulées au pied » et cité par Joseph Marie comte de Maistre dans un opuscule « Le beau n’est qu’une convention et une habitude  » composé à Lausanne en mai 1795, pour la marquise de Nav, à Milan. On y lit : « Les Anciens regardaient les règles de l’architecture plutôt comme des moyens subordonnés aux grandes maximes que comme des règles positives ; quoique Vitruve semble les avoir déterminées, qu’il suivait, il paraît cependant qu’elles n’ont jamais été suivies exactement » et si « Rome passe pour capitale des Beaux-arts, elle ne l’est que par comparaison ou par préjugé. Elle a voulu ressusciter chez elle l’architecture grecque, et cette architecture n’est pas plus grecque que le pape n’est archonte. Elle est inférieure à la gothique qui au moins avait son caractère à elle…  ». Et après avoir une fois montré insoluble la question de l’art comme imitation de la nature, de marquer une halte devant le «  très sérieux  » de cette pensée allemande : « Winckelmann s’est élevé à perte de vue pour nous dire ce que vous allez lire :l’idée positive de la beauté exige la connaissance de l’essence même du beau ; et rien n’est plus difficile à pénétrer que ce mystère ; car nos connaissances n’étant que des idées de comparaison, la beauté ne saurait être comparée à rien de plus élevé qu’elle. Cela devient très sérieux, madame, au point même que, dans la juste crainte de glisser hors des paradoxes, je finis brusquement. »

Par là pourrait bien tomber le double préjugé de nos compatriotes contre un étranger ami du prodige de leur pays jusque dans ce qui a été nommé par Kant anthropologue, en 1798, « l’irruption de la barbarie révolutionnaire  » et contre une philosophie pyrrhonienne de l’histoire victorieuse des mots, qui n’a rien à disputer évidemment avec le « platonisme national » (un mot du baron d’Holbach, de 1767, au marquis de Beccaria, sur l’Angleterre), mais adopte la prudence du tour de pensée de la secte académique aristotélicienne, ayant appris en effet, dans le plus ancien sillage cicéronien [11] suivi par Voltaire, à distinguer entre « la grâce, comble de l’art » [12] et l’habitude existentielle du « beau européen » [13]

Cette contribution à l’étude du diplomate et polémiste contre-révolutionnaire savoyard, d’esprit européen, Maistre, et à l’influence de la littérature voltairienne, a paru dans les dossiers H, « Joseph de Maistre », publié à Lausanne en 2005, à l’Age d’Homme, conçu et dirigé par l’excellent M. Philippe Berthelet, 878pp. 264-269.

Notes

[1] « ...que les femmes sont capables de faire tout ce que font les hommes, etc. c’est un compliment fait à quelques jolies femmes ou bien c’est une des mille et mille sottises qu’il a dites dans sa vie ». A mademoiselle Constance de Maistre, Petersbourg, 23 octobre (4 novembre) 1808, Lettres et Opuscules inédits du comte Joseph de Maistre précédé d’une notice biographique par son fils le comte Rodolphe de Maistre, Paris à Vaton, libraire éditeur, 1851, tome I, p.148.

[2] 11 aout 1809, op.cit . pp.157-159. Elle était dans sa 16ème année (« Je suis savoyarde, bleus sont mes yeux, doux mon regard, j’ai un cœur qui est noble, fier et bon ») dass edle, stolz und gut ist, d’après les vers allemands que sont père, à la fin de la lettre, lui adresse pour qu’elle les écrive derrière le portrait qu’il lui demande d’envoyer. Elle épousera le duc Eugène Alexandre de Montmorency-Laval.

[3] « J’ai vu une statue de boue dans laquelle l’artiste avait mêlé quelques feuilles d’or ; j’ai séparé l’or, et j’ai jeté la boue  », Mélanges historiques I, « Le Pyrrhonisme de l’histoire »,Voltaire, Œuvres complètes, 1785, tome 31,p.16.

[4] « Si Kant, par exemple, avait marché en simplicité de cœur à la suite de Platon, de Descartes, de Malebranche etc, il ne serait déjà plus question de Locke dans le monde, et la France peut-être serait désinfectée de son ridicule et funeste Condillac » Examen de la philosophie de Bacon, 6ème édition, tome I, Lyon, J.B. Plagaud, imprimeur libraire, Paris 1860, chapitre I, pp.12-13 

[5] Du Pape, par le comte de Maistre plénipotentiaire de S. M. le roi de Sardaigne auprès de l’Empereur de Russie, actuellement Chancelier de Sardaigne, auteur de Considérations sur la France, Anvers chez Janssens et Van Merlen, 1821, livre III, chapitre III, « Institutions du Sacerdoce ». Le célibat des prêtres, p. 363.

[6] Du Pape, op.cit, p.238

[7] Cette dernière formule est un vers de Voltaire : « Les raisonneurs de jansénistes, Et leurs cousins les calvinistes. » (Œuvres, Deux-ponts, 1791, tome 16 « Poésies mêlées » n°185, p.150

[8] Voltaire op. cit., ibid. n°166,p.150.

[9] « Car mon Histoire a plus été conçue comme un monument perpétuel (ktéma te es aei), que comme une déclamation publique momentanée. » Thucydide, De la guerre du Péloponnèse, livre I, §22

[10] « Il y a d’ailleurs dans le génie occidental, je ne sais quelle raison exquise, je ne sais quel tact délicat et sûr, qui va toujours chercher l’essence des choses et néglige tout le reste. Cela se voit surtout dans les formes religieuses ou les rites, au sujet desquels l’Eglise romaine a toujours montré toute la condescendance imaginable » (Du Pape, livre I, chapitre 18, p. 14

[11] « Ce que Cicéron disait de la secte philosophique qu’il avait embrassée. Nous suivons les vraisemblances, doit être la devise de l’homme censé pour régler sa conduite ; car la vie entière n’est qu’un calcul continuel de probabilités, il faut une justesse merveilleuse d’esprit pour se décider le plus souvent sans réflexion. Je ne sais comment on s’est avisé de faire honneur à la logique de pouvoir rectifier l’esprit. Rien n’est plus faux ».Opuscules, tome I, p.119

[12] « Caput esse artis, decere » De Oratore, I, 29. « et la seule chose qu’on puisse enseigner, c’est la grâce  », commente le philosophe savoyard en citant ce passage

[13] « Si les Anciens revenaient, ils riraient peut-être du culte que nous leur rendons. Le beau européen est nul pour l’œil asiatique, et nous-mêmes ne savons pas nous accorder », Opuscules, tome II, p.137, « productions, dont nous ne pouvons pas juger avec autant de sûreté » Voltaire, Essai sur la poésie épique, préface à la Henriade.

 
 
 
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