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Frédéric II de Hohenstaufen ou l’islam européen...

dimanche 2 octobre 2011, par Pierre Dortiguier

Chacun jette son avis sur l’islam ou l’immigration dans les poubelles des trottoirs empruntés par les passants de la démocratie, au même visage dantonien, sanguin, et à l’esprit toujours léger, quelquefois cruel, ainsi que Voltaire, très peu lu chez nous, désignait dans une lettre au duc de Richelieu, ce qui restait alors du peuple français.

Entendons le peuple des franks, dont l’origine et la puissance venaient d’Orient, du véritable, des plateaux de l’Asie. A cet égard, le genre humain est bien unique, à considérer la hauteur, mais la marche vers le bas est entraînante et certains Allemands ont vu dans l’Islam un point sublime, et dans l’immigration justement un problème à poser et à régler. Telle se conduit l’Allemagne d’aujourd’hui, dans sa profondeur - qui est une manière de préserver la hauteur naturelle - et s’est conduit son modèle l’Empereur Frédéric II. Chacun sait qu’il savait l’arabe, à admettre ce que les historiens nous en disent et à accepter la chronologie que quelques esprits indépendants en Europe contestent.

Avant d’aborder la vie de cet Empereur du Saint Empire, qu’il soit permis de reprendre ce qu’un collègue iranien et parisien m’exposait et que des oreilles peu résistantes entendront le mieux : il existait avec raison deux sortes d’Empires ; le premier est terrien et groupe des peuples proches et liés par le travail commun, comme l’Iran antique dont on nous parle, l’Empire russe, surtout cette Grande Tartarie avant les Romanov, et ce « pays du milieu », comme le philosophe Kant désigne sa patrie, c’est-à-dire l’Empire dont Frédéric II au XIIIe siècle, fut un sommet. Le second est maritime, il rassemble les quatre coins du monde à la Bourse des valeurs de Londres et d’Amsterdam ; c’est le triangle des bijoutiers d’Anvers, c’est la France qu’exalte Villepin, de la Guyane à Tahiti, et qui prend l’indépendance de la Nouvelle Calédonie comme un bouchon à la porte d’Orléans ! Telle fut l’Angleterre qui ruina les Indes pour s’appauvrir ensuite et faire de son peuple le spectateur d’un musée de riches personnages, mais où ne poussent guère la musique et la philosophie.

Cette forme d’Empire sur l’eau fait de la tête de turc son jeu favori, de l’Islam le voile étouffant ses rêves de grandeur, et de toute autorité à forme spirituelle une tyrannie insupportable. Prenez ainsi, dans le premier cas, non pas Disraeli, c’est trop voyant, mais le Premier ministre Gladstone agitant, en pleine affaire crétoise, quand la bourgeoisie locale, et les vagabonds qu’elle soudoyait, massacraient les paysans musulmans de Crète, toutes richesses confondus, agitant, dis-je, le Coran au Parlement anglais, en clamant : « Tant que ce livre sera, la paix dans le monde n’existera pas ». Par contraste, l’Empire continental, comme l’Allemagne d’aujourd’hui, qui ne veut pas dépenser des millions pour partager la Libye, introduire la guerre intestine dans tous les Etats musulmans, ne veut qu’unir des voisins. Ce second Empire est un pot de fer, et contre lui les pots de terre tricolores des deux bords de l’Atlantique ne peuvent rien faire que de se briser, agités par les vins différents qui le déséquilibrent. Quelle sera l’attitude de l’Est européen demain, l’attitude du monde turc, iranien au sens large, demain : dans quel état veulent-ils conserver leur avenir et ne pas dissiper leur bien ?

Frédéric II avait entrevu notre problème : il avait donné aux immigrants arabes de chez lui une terre, près de Naples avec un commandement à eux ; pas question d’interdire le foulard, le hidjeb ; tout était autonome. Bien sûr, c’est raciste, vous dira-t-on ? C’est pourquoi le duc d’Anjou ruinera cette entreprise allemande en Italie, et enverra son opération Licorne mettre tant d’ordre en Sicile qu’il récoltera le massacre des vêpres siciliennes. A la cour de Sicile trônait Frédéric II, avec ses savants, ses lettrés, ses mystiques arabes et autres. Il avait refusé de participer à la 6e croisade, l’avait accepté pour lever l’excommunication contre lui, puis avait obtenu des musulmans d’Egypte la reconnaissance de son titre de Roi de Jérusalem. Certains lecteurs s’étonneront : mais comment n’en ai-je pas entendu parler ? Allez visiter le pays, l’Empire du pot de fer, vous prolongez jusqu’à Istanbul et ensuite marchez en disant : « Je viens du pays du pot de fer. - Vous y êtes encore », vous dira-t-on dans la ville iranienne de Kerman ou German. Bref, regardez l’Histoire avec des yeux frédériciens.

Et si l’on vous dit que l’islam n’a pas de racines européennes, pensez que ce musulman impérial fut déclaré le premier européen par Nietzsche et que l’Europe vient d’en haut, d’un point unique qui reste encore à fixer.

 
 
 
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