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Éloge de Chavez, croyant et patriote

vendredi 8 mars 2013, par Pierre Dortiguier

Il y a, l’enseignait Montesquieu, apprécié par Chavez, - dans ce livre de "l’Esprit des Lois", dont Chirac offrit à Khadafi une édition originale -, deux choses à ne pas confondre, dans un État, sa nature, qui le fait, tel qu’il est, ce que nous dirions l’habitude d’un peuple, et son principe, qui le fait agir. Ce qui est attaché à Chavez, son moteur d’action ou principe, est le caractère religieux et social de son système politique lié à sa personnalité, c’est-à dire, cette dimension personnelle, qui fait défaut à la plupart des pays, pour lesquels la démocratie sonne comme ploutocratie, à savoir, une course anonyme à une richesse trompeuse, avec beaucoup d’appelés et peu d’élus ! L’idée générale, qui devrait servir d’impulsion à la conscience, est remplacée par un idéal aussi vague que personnel, dans lequel la multitude est une confusion avec laquelle on ruse, pour se maintenir. C’est, seule, l’unité d’un caractère, qui peut ordonner ce chaos, et inversement, pour reprendre un mot de Pascal, dans le Grand Siècle des Français : l’unité, sans la multitude, est tyrannie. En ce sens, le gouvernement de Chavez, dans un pays riche, a pu maintenir ce lien entre l’un et le multiple ! Au contraire des autres régimes communistes, et, naturellement, des pays inféodés à l’impérialisme anglo-américain, au « Yankisme », qui stagnent, devant leur "falaise fiscale", sans pouvoir arrêter leur glissade, sur la pente d’un précipice - au pays d’Obama - et sans autre conséquence que d’allumer, bientôt, inévitablement, en leur sein, des luttes civiles, le Venezuela de Chavez se fortifiait et était aimé ! Tout comme chez lui, son autorité transcendait et éteignait les idéologies. En témoigne cette impressionnante foule de la "marche de l’amour", où l’on retrouvait Hugo Morales et la Présidente argentine, Kirchner. Cette reconnaissance de la puissance de la personnalité a fait aussi le durable succès et de Juan Peron et de son épouse Évita, dans cette Argentine que l’Angleterre voulut humilier !

Ce monde de paradoxes, en ce tournant du siècle, aura, ainsi, vu un très proche allié de l’Iran, mieux comprendre ce rapport de la spiritualité au peuple, que plusieurs pays, dont la religion d’État devrait protéger les élites de suivre une voie matérialiste ou aveugle. C’est que le Christianisme espagnol et amérindien diffère des autres professions de foi chrétiennes, par la simplicité évangélique et le besoin qu’il suscite de lier la prière à l’action politique et au travail. Ce n’est point le cas, pourrait-on penser, du Mexique, de la Colombie etc. Mais l’on doit reconnaître que, dans le milieu hispano-américain, si les officiels sont, traditionnellement, de teinte positiviste, (comme au Brésil), il y a un besoin d’union populaire très éloigné et de l’ancien système marxiste, qui n’a pas beaucoup pris racine, et du mode de vie états-uniens, qui fut toujours détesté, comme un corps étranger !

A cet égard, Chavez était un nom, qui passait les frontières du Venezuela, un symbole de la lutte anti-impérialiste, et il faisait, sur le continent sud américain, figure de courage et d’habileté. Celle-ci se manifestait, sous un couvert socialiste, comme sous d’autres apparences, proches ou éloignées, en Bolivie, ou en Argentine, au Chili, avec des personnalités éminentes, par un contact sensible, maintenu et apprécié, avec la population ; celle-ci lui a su gré de cette attitude, en lui octroyant une confortable majorité.

Aussi, la nécessité s’est-elle faite sentir de l’éliminer, puisque toute révolution « colorée » ou coup de force militaire était impossible, car cette personnalité faisait peur, à cause de sa franchise d’expression, et de sa connaissance du contexte géostratégique international. C’est ce dont est convaincu Gennadi Zuygdanov, chef du parti communiste russe – la seconde formation politique la plus importante - qui dit, tout haut, à la télévision, - et repris par l’agence RIA Novosti -, ce que de nombreuses gens pensent, discrètement, et que vient de déclarer, aussi, le vice Président vénézuélien, Nicolas Maduro [1] !

« Comment se fait-il que six leaders de pays d’Amérique latine, qui ont critiqué la politique américaine et entrepris de bâtir une alliance et zone d’influence, afin d’être des États souverains indépendants, tombent, simultanément, malades, de la même maladie. C’est loin d’être une coïncidence » ?

Toute l’énergie de cet homme sera, dans sa mort même, qui, – selon l’image de sa foi religieuse -, est une élévation de la vie vers Dieu, augmentée et métamorphosée en autant de décisions individuelles de ne pas céder au rêve américain de vendre son âme, pour des châteaux imaginaires ! C’est ce qu’il avait compris, et sa mort affecte autant les peuples combatifs qu’elle donne l’illusion de respirer à ceux qui, comme le Satan de l’Evangile le dit à Jésus (béni soit-il), envisagent la domination mondiale !

 
 
 
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