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Dominici et A-Hilli

mercredi 19 septembre 2012, par Pierre Dortiguier

Ce meurtre d’une famille chiite ex irakienne et faite britannique, organisé de sang froid, à l’arme de guerre, ayant foudroyé impitoyablement un passant à vélo, comme pour supprimer tout témoignage, laissant toutefois deux survivantes, la petite de 4 ans restée sous le cadavre de ses parents et l’aînée, sortie du coma et retournée à Londres, s’oriente vers une piste politique. Mais dans quel sens ? S’agit-il de la suppression d’un savant arabe chiite du Royaume Uni qui aurait, comme on le fait savoir avec beaucoup d’insistance, clamé trop fortement son hostilité à l’entité sioniste ?

La cause est vraisemblable et l’on s’éloigne bien sûr de la première hypothèse qui vient à l’esprit, notamment dans cette partie méridionale de la France, surtout à la frontière italo-suisse, d’un règlement de compte exemplaire lié à un trafic de stupéfiant ! Mais l’attention portée aux idées du défunt Saad Al-Hilli n’explique pas cette exécution familiale, dans cette région d’Annecy qu’ils connaissaient et fréquentaient annuellement, ce qui expliquerait l’embuscade. Il serait même possible que la face idéologique dissimule ce que le métier technique du Britannique peut avoir d’important aux yeux des services de renseignement : il était réparateur talentueux, fort apprécié, et donc expérimenté, de satellites et l’on a parlé de ses liens anciens avec les sociétés connues en ce domaine !

Ceci rappelle une autre affaire des Annales criminelles françaises bien oubliée aujourd’hui, et n’est sue que des apprentis de la police criminelle ou des historiens de l’Intelligence Service, - sinon de l’histoire du cinéma français qui en tira un scénario célèbre - fut l’assassinat, le 5 août 1952, en Provence, en pleine nuit, de la famille britannique de Sir Jack Drummond, chimiste mondialement réputé, agent des renseignements, de sa femme et de sa fille : « l’affaire Dominici » dont le procès n’élucida jamais le mystère. Il en ressortit que l’exécution complète de la famille, pour des raisons obsessionnelles, prétendait-on, de la part d’un homme de 76 ans qui avait eu des responsabilités au parti Communiste local, chef de cellule, et avait commis des actes de résistance contre l’Allemagne et des Français opposants politiques à ses idées communistes, donc s’était familiarisé avec la mort, ne tenait pas la route : le savant anglais avait été tué avec sa femme et leur fille de 10 ans, Elizabeth, pauvre enfant ayant eu le crâne fracassé à coups répétés de crosse de fusil et retrouvée à 77 mètres de la voiture près de laquelle gisaient ses parents ; le procès mit en évidence l’absence de preuve de culpabilité du suspect, voisin du crime, un fermier habitant une grande ferme, à 200 mètres et chef d’une nombreuse famille, habitué à se coucher fort tôt, qui avoua ce crime nocturne, pour se rétracter aussitôt, et dut sa condamnation pour motif de viol, alors qu’aucune expertise n’avait été conduite en ce sens sur le cadavre de Ann Drummond !

L’étrange dans cette affaire est que des coups de feu furent entendus à 1h10 du matin, et que des passants, à quelques heures de distance démontrèrent par leur témoignage du décor extérieur que tout avait été longuement dérangé, comme fouillé ! L’acteur français Jean Gabin incarna le personnage du paysan, Gaston Dominici dont on tut longtemps les liens politiques ! Le Président René Coty commua la peine de mort en prison et De Gaulle le grâcia, ce qui ajoute au mystère, vu l’infanticide !

La piste de l’espionnage fut avec vraisemblance évoquée, et effectivement le Britannique avait été employé par son gouvernement, et revenait d’Indochine, alors embrasée contre les Français. Il aurait eu des documents compromettants, mais pour qui ? La France, le K.G.B, notamment des Français travaillant en relation avec le Vietminh, ligue patriotique contrôlé par les Communistes ? Ce rappel permet une sorte d’anatomie comparée, pour ainsi dire, des deux crimes ; sa sauvagerie, son mépris féroce de l’innocence enfantine, et la volonté de ne laisser aucun témoin qui puisse conter même les événements des jours précédents. Tout échappait aux hommes, et la justice divine a seule recueilli coupables et victimes.

Le Figaro parisien titre aujourd’hui sur internet : « 60 ans après le crime, celui n’est toujours pas élucidé », et la grâce accordée au condamné ressemblait-elle à une sorte de raison d’Etat reconnaissante ? S’il s’agit d’ouvrir prudemment une piste d’espionnage, il convient de rappeler en peu de mots l’importance stratégique des lancements de satellites, souvent organisés pour des raisons diverses, par des sociétés privées US, par exemple, pour ne durer que peu, le temps de quelques lancements et d’une récupération de l’appareil dont il est dit que cela permettrait de déjouer les accords russo-américains liés au traité sur les lancements de missiles et l’interdiction de survols d’espionnage.

Faut-il voir dans ce soupçon lancé d’une opération du Mossad contre un opposant à la politique antipalestinienne une fausse piste, un arbre cachant la forêt d’autres intérêts plus larges ; car, en effet, s’il fallait que le Mossad éliminât tous les scientifiques et techniciens partout opposés à sa politique, ce serait une hécatombe quotidienne ! L’affaire s’accélère et il n’est pas sûr que si nous chassions le Mossad par la porte il ne rentrerait pas, sous un autre drapeau, par la fenêtre !

 
 
 
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