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Dialogue sur la campagne électorale

samedi 25 février 2012, par Pierre Dortiguier

Elle : Je me demande, voisin, pour qui voter ? Mélenchon me séduit, avec son étoile de Tanger qui accompagne sa fortune politique, il grimpe les sondages comme un marin qui s’embarque pour une longue croisière, agitant les bras pour saluer le peuple amassé sur le quai. Car son bateau est celui-même que vous voyez sur les armes de Paris : "il flotte, mais ne coule pas" est sa devise. Telle est la République au pays des droits de l’homme !

Lui : Vous semblez, voisine, oubliez l’homme fort des sondages qui fut de la promotion à l’ENA, avec le Don Juan des Affaires extérieures qui est aussi, pour la forme, candidat, Villepin, et avec Ségolène, mère de ses enfants et secrétaire de Mitterrand…

Elle  : Hollande, vous voulez dir … ce sont les socialistes et je ne les aime pas ! Avec eux, la catastrophe s’abat sur la classe moyenne, et l’argent fuit, comme sous Mitterrand, et puis il promet d’employer du monde, mais avec quoi les paiera-t-il ? Il n’y a pas que dans l’enseignement qu’on débauche, même à la police, hier on fermait jusqu’à des casernes de gendarmerie. Et il veut aujourd’hui éteindre les centrales atomiques, le lendemain se ravise. C’est un instable.

Lui : Oui, mais il est l’antisarkozy, c’est un principe d’opposition qui vaut en physique aussi : chaque particule a une antimatière.

Elle : Eh bien, moi j’avais voté pour Sarko en 2007 : il me semblait énergique. Puis finalement il est comme tout le monde, mais à droite, il n’y a personne. Et Bayrou est bien mièvre. C’est un professeur qui ne me semble pas à l’aise pour affronter une femme à la Merkel. Mais en Allemagne j’ai remarqué que droite ou gauche, c’est pas comme ici, ils sont plus unis ! La division, comme le divorce, est chez nous devenu épidémique.

Lui : Il a bien refusé d’aller au repas annuel, de fin janvier, du CRIF, parce qu’il est laïque.

Elle  : C’est parce qu’il sait qu’il n’a aucune chance. Mais Hollande y était, et ils se sont serrés la main, Sarko et lui, devant les caméras. Tout ça, c’est du cinéma. Au fait, pour ce qui est de la laïcité, Hollande veut inscrire dans la Constitution la séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905. A quoi ça rime ? Qui veut-il satisfaire ? Il est peut-être un frère maçon...

Lui : Comme Mélenchon qui a reconnu en faire partie, comme sa famille, ce qui était courant dans le protectorat marocain, et le peuple musulman y était hostile !

Elle  : Je trouve cette querelle absurde, Hollande a été élevé très chrétiennement et il renie tout ! Ces apostats sont les plus fanatiques. Il va persécuter les Musulmans par des tracasseries, et vous avez vu que cela ne l’empêche pas d’aller faire sa cour au Qatar. J’en suis écœurée.

Lui  : Vous ne croyez plus en la République ?

Elle  : Tout le monde est d’accord pour dire que le monde politique est pourri, et la démocratie, c’est simplement se porter candidat à sortir le cadavre de la pièce.

Lui : Au fait, vous avez vu ces gens que l’on retrouve chez eux, morts depuis des mois, sans que personne n’ait pris de leurs nouvelles.

Elle : Comment voulez-vous que cela aille bien, dans l’indifférence générale ?

Lui : Et dans le paysage politique, vous croyez en la fille Le Pen ?

Elle : Sa fille n’a pas de stature politique. Elle n’a pas de poids. Comment peut-elle gouverner un pays si elle ne sait pas même exactement ce que font les bouchers parisiens avec leur viande et aille agacer les fidèles avec la diététique ! Et puis j’ai entendu dire que le Front National avait été favorisé par Mitterrand pour affaiblir la droite.

Lui : C’était un habile homme, qui a créé l’Euro.

Elle : Oh, vous allez voir que bientôt nous serons au niveau de la Grèce. Il n’y a pas de moralité. Et au fait en Iran, où vous allez, j’ai appris qu’ils votaient ?

Lui  : Bien sûr, mais c’est différent d’ici.

Elle : Et en quoi ? Il n’y a qu’un seul parti ? J’ai appris que les femmes votaient.

Lui : Non, il y en a plusieurs qui sont différents, tandis qu’ici c’est toujours le même corps avec plusieurs têtes. Oui, les femmes y votent, et vous en voyez partout.

Elle : Expliquez-moi ce mystère avec des mots simples.

Lui : Eh bien les candidats français n’ont-ils pas tous la même politique extérieure d’alignement sur les Etats-Unis, mais ils le disent avec plusieurs tons ; c’est une polyphonie politique, mais avec un seul chef d’orchestre ! Ils ont tous voulu débarquer en Libye, même Eva Joly, et enragent de ne pouvoir prendre le chemin de Damas. Ils croient que les Allemands travaillent trop et sont aussi disciplinés qu’une partition de Bach ! Et en politique intérieure, ils sont des adolescents qui confondent les mots et les choses, le diplôme et le travail. Ils veulent consommer français, mais que les étrangers leur achètent.

Elle  : C’est vrai que les plus jeunes ne trouvent rien et les gens d’âge mûr sont renvoyés. Mon fils me dit que ce n’est pas la même chose aux Pays-Bas, et aussi là-haut dans le Nord.

Lui : En Allemagne seuls 37 % des gens ont un diplôme d’enseignement supérieur. Mais ils ont un enseignement technique.

Elle  : Oui, mais leur diplôme vaut de l’or, puis il y a la volonté qui vaut tous les papiers académiques. Arrêtons de chercher à avoir de l’esprit. Au fait, je vous laisse, mais, en conclusion, j’ai retenu cette phrase, dans un livre de littérature de 1946, que vous m’avez laissée, qui s’applique bien aux hommes politiques, ici comme ailleurs, et témoigne aussi du haut niveau d’instruction de la jeunesse et des maîtres en ce temps là. « Il faut connaître avec évidence pour convaincre. Tous les efforts pour paraître ce qu’on n’est pas, ne servent qu’à manifester plus clairement ce que l’on est ». C’est bien vrai !

Lui : C’est tiré des Fragments de Vauvenargues, un ancien soldat, et grand blessé qui est un modèle de style. C’est la France éternelle ou classique que le monde, si Dieu veut, attend de retrouver. Adieu !

 
 
 
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