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De Platon aux saints Valentin

mardi 14 février 2012, par Pierre Dortiguier

Ces Valentin* seraient des saints bien étonnés
S’ils entendaient leur nom mêlé aux amoureux
Cherchant le seul plaisir qui soit instantané,
D’animer leur miroir par un sourire heureux ;
Et l’espoir de toucher sur la manche brodée
Le poignet ou le bras qui semble inaccessible
A l’homme attiré par l’âme intimidée !
Il n’est plus incrédule et croit tout possible.
Elle, sait que sa force est dans l’extrême ruse
D’attirer la nature en se laissant choisir,
Alors que rien ne pousse à l’union permise
Qu’un décret éternel, que l’instinct sait saisir.**
Les philosophes aussi disputent sur cet âge
Où le temps suspendu exalte l’avenir,
Par deux avis contraires que leur secte partage ;
Prolongeant fiançailles, et voulant retenir
Dans cette rêverie l’instant d’un grand bonheur ;
C’est le cas du Danois, qui, un temps, écrivit
A Régine Olsen***, et frappé de stupeur
Enferma en lettres un lien qui lui survit.
Platon**** est plus exact, et a vraiment aimé,
Car il a ressenti ce qu’aucun mystique
N’a su faire goûter dans son vin parfumé ;
Il voit sur votre front l’aspect paradisiaque
Du lieu délicieux où vous avait laissé
Celui qui vous retrouve en l’oubli effacé.

*Plusieurs saints, dont un romain martyrisé le 14 février 269, un autre en Italie invoqué contre la peste et l’épilepsie, et le troisième en Bavière, qui fut évêque itinérant (c’est-à-dire, pas fixe) de la ville de Passau ont donné leur nom à cette fête antérieure au christianisme, du 14 février, dont parlent les poètes du 14ème siècle : Charles d’Orléans, Othon de Grandson (du pays de Vaud en suisse romande).

**Thèse de Arthur Schopenhauer pour qui l’amour est un instinct, une volonté de la nature, qui échappe à l’intelligence, d’où l’absurdité de l’amour-libre ou du féminisme qui sont des réactions intellectuelles dévoyées, etc ; il ne s’agit pas d’aimer comme on veut, mais comme la nature le veut qui suit son œuvre à travers nous. De là la formule de son disciple R. Wagner, dans une note de ses écrits, que la femme aime en général, se plie d’abord à la nature, formule que ses opéras, dont « Tristan et Isolde » (Première le 10 juin 1865, à Munich), illustrent !

***Danoise dont fut brièvement amoureux en 1841 Soeren Kierkegaard (1813-1855), philosophe et théologien chrétien protestant danois qui jugeait, dans son imagination délirante, le temps idéal des fiançailles plus pur, exaltant et empreint d’éternité que celui du mariage, et justifia ainsi sa rupture, égoïste et malhonnête, avec la brune et confiante Régine puisqu’il l’avait obligée à interrompre ses relations de fiançailles avec son futur mari, M. de Schlegel, conseiller d’Etat. Il publia en 1843 « le Journal d’un Séducteur », qui est un chapitre de son livre réédité souvent : « Ou bien... ou bien, Miettes philosophiques », sur ce thème.

****L’image platonicienne, qui est dans le dialogue dit « Phèdre » (nom d’un disciple et porte sur la beauté), est émouvante, qui montre les caresses réciproques du visage comme un effort mutuel des mains amoureuses de dissiper le voile du temps pour retrouver les traces d’une union déjà formée au Paradis ou jardin éternel et dissoute par la pesanteur du temps et le désir, imposé par la volonté de la nature, des générations. Aucun poète mystique n’aura eu cette sensation, à cause de l’abus des allégories, qui fait que Platon l’expulsait de sa Cité, s’il ne consentait à philosopher, c’est-à- dire séparer ou distinguer le temps de l’éternité en toutes choses, pour calmer son ivresse feinte ou réelle. Cette opposition se retrouve dans l’opposition faite au Prophète : « Ses ennemis, pour arracher le peuple à la magie de sa parole, lui suscitèrent un rival qui groupait autour de lui des auditeurs charmés de son éloquence. Cet homme était un Arabe voyageur, poète, philosophe, orateur d’une grande renommée dans l’Arabie. Il se nommait Nadher. » (« Histoire de la Turquie » par A. de Lamartine, tome I, 1854, p.146)

De là, en conséquence, pour lutter contre l’ivresse matérielle et mentale, la prohibition du vin pour garantir la hauteur de la prière dans la direction islamique des consciences, qui est une éducation métaphysique, critère du degré de la vérité d’une religion, selon Kant et Schopenhauer qui étaient sobres, le premier prohibant l’alcool, y compris la bière (quand quelqu’un était malade, Kant lui posait la question : buvez-vous de la bière ?, « trinken Sie Bier ? » - anecdote contée en cours, pendant mon année de DEA, aujourd’hui le second master, par M. le professeur Gérard Laruelle, à Paris- X Nanterre dans les années 95), et conseillant, pour les caractères forts, le célibat comme secret de la longévité que requiert toute réflexion difficile, le dernier, Arthur Schopenhauer, étant végétarien et ennemi aussi de l’alcool, comme la tradition le dit aussi de Platon et Pythagore, et chez les modernes Novalis, Richard Wagner, etc...

 
 
 
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