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Crise romaine de conscience, coup d’Etat ?

mercredi 13 février 2013, par Pierre Dortiguier

Sur la chaîne italophone de l’IRIB [1] Davood Abasi livre une hypothèse vraisemblable de la seule raison impérieuse pouvant rendre compte du renoncement papal à la poursuite de sa mission ! Il faut, pour l’entendre, ne plus se boucher les oreilles au tintamarre exaspérant et pathologique de tous ces délires couvrant le vice pédophile, dont on sait que l’Eglise contient de nombreux exemples. La question posée par l’auteur de l’article porte sur un cas de conscience imposé au Pape par la scandaleuse attitude de Monseigneur Paglia, ministre de la famille de l’Etat du Vatican, dans son discours du début février, reconnaissant des droits aux couples de fait, aux concubins, donc, et de même sexe, conformément au Code civil. Il avait précisé que l’opposition ecclésiastique au mariage gay, "non è un fatto religioso", "n’est pas un fait religieux", mais quelque chose relevant de la Constitution italienne ; pour user du jargon maçonnique, ce serait une question d’évolution de la conscience sociétale.

Déjà pourtant, précise Davood Abasi, le 14 décembre dernier, Ratzinger s’était lui-même exprimé clairement et distinctement à l’opposé, en rappelant que "les tentatives de rendre le mariage entre un homme et une femme juridiquement équivalent aux formes radicalement différentes d’union sont une offense à la vérité de la personne humaine et une atteinte grave portée à la justice et à la paix". [2] En d’autres termes "le non du Pape avait un aspect décisivement religieux et certainement pas dû à la Constitution italienne." "Existe-t-il alors deux manière opposées de voir la question (di vedere la questione) à l’intérieur de l’Eglise ?" "Est–il donc vrai que dans l’Eglise il y aurait les soi-disant traditionalistes dont Ratzinger ferait sûrement parti, et les dits modernistes ?" "La crise morale qui a impliqué l’Eglise avec le cauchemar de la pédophilie se révèle maintenant d’une autre façon ?"

Le Catholicisme qui – selon les penseurs chrétiens eux-mêmes dans les dernières années a reçu des coups considérables, serait cette fois affronté à un danger véritablement mortel. L’unique chose que l’on puisse maintenant dire est le vœu sincère que la décision du Pape soit due seulement et uniquement à une question de salut. (L’unica cosa che si può dire adesso è che l’augurio sincero è che la decisione del Papa sia dovuta solo ed unicamente a questioni di salute.) M. Abasi s’est exprimé, mieux que tout catholique sur un point essentiel, qui est la voie vitale ou funeste de l’Eglise, si elle admet ou refuse cette nouvelle révolution morale où les adversaires de l’ordre divin l’entraînent, en premier parmi ses cardinaux. La capitulation devant les passions humaines est le présent chapitre du monde, mais le livre est fermé par Dieu.

Il convint, en ce jour où les Femen parisiennes ont profané, en service commandé, la cathédrale Notre Dame, en saluant la démission du Pape et en la liant au progrès juridique de l’homosexualité dans la société, de tirer deux conclusions provisoires :

- La manifestation conduite par des "intellectuelles", au sens péjoratif du terme, saluant le départ du Pape, demandant qu’il n’y en ait plus même (no more Pope) satisfait aux mêmes impératifs qui fait adopter par une gauche maçonnique l’égalité entre deux formes opposées de sexualité et l’exposition de l’enfance à des risques pathologiques.

- Le catholicisme apparaît comme la victime désignée de la nouvelle Révolution mondiales des mœurs, destinée à effacer de la conscience morale ce que la doctrine officielle, contenue dans le Catéchisme du pape italien pro-autrichien Pie X qui refusa de se plier aux demandes sionistes de Herzl, entendait par "le péché impur contre l’ordre de la nature" - dans la droite ligne, faut-il le préciser- du platonisme (voir deux passages du chapitre troisième des Lois ! Notons que Karl Popper dans son livre sur la "Société ouverte et ses ennemis" (1945) cite ces passages et se prononce en faveur des mœurs que l’on imagine, contre le préfascisme platonicien ! Le Pape allemand, issu de convertis moraves, a senti ses limites ; l’éducation l’a chez lui heureusement emporté sur ses passions inférieures, à la grande joie des Femen exigeant une Papesse devant des Chrétiens parisiens incapables de réaction, culpabilisés, ignorant que les portes de l’Enfer se referment lentement par la permission divine !

Notes

[1] http://italian.irib.ir/analisi/comm...

[2] un’offesa contro la verità della persona umana e una ferita grave inflitta alla giustizia ed alla pace

 
 
 
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