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Confessions d’un électeur…

vendredi 20 avril 2012, par Pierre Dortiguier

Ce ne sont pas les « Confessions d’un enfant du siècle » (1836) du parisien Musset (1810-1857), que nous nous attendons à lire aujourd’hui... encore que le présent désenchantement de la population serait analogue à la période du lycéen de l’autre siècle qui avait été bercé à la discipline de maîtres incrédules et à l’enthousiasme d’une domination européenne ! Ces deux aspects pourraient être repris polémiquement comme des traits de caractère : ne veut-on pas triompher de l’Europe à laquelle M. Mélenchon oppose les prémisses d’une révolution ? Ces idées sont de gauche, comme on aime à dire, et la droite consiste à ne point les partager.

Toutefois, l’expérience de l’enseignement, surtout de la philosophie, en France lycéenne, qui permet d’étendre l’esprit adolescent jusqu’aux lointains de trois notions, du Moi, du Monde et de Dieu, - à parler la langue de Descartes - révèle qu’il y a une majorité - exprimée ou non - conservatrice en ce pays !

Sous l’ancien régime de la IVème République, cela correspondait à la majorité des abstentions d’un pays qui n’avait qu’une participation électorale de 40% au maximum. Et le mot entendu était celui de « système » qu’il fallait mépriser, et que les communistes proposaient d’abattre avec 20% des suffrages exprimés ! Tout se jouait dans les variations d’un centre gauche, qui correspondrait à M. Hollande et une partie du Centre, cependant qu’un candidat comme Bayrou aurait été du parti chrétien démocrate, harcelé par un mouvement gaulliste qui refusa la Communauté européenne de défense allié aux voix communistes !

C’est dire que tout succès de gauche ne pouvait l’être qu’à la condition de s’assurer d’une complicité de la droite !

S’agit-il d’une rupture de la société, ou plutôt de deux versants d’une même hauteur de la nation, comme un paysage propre que seule la perception permet de comprendre, mais par ailleurs peu formulable ou théorisable ? C’est de France que cette séparation de gens, à la droite comme à la gauche de l’Assemblée est venue ; c’est que le débat était non pas entre révolutionnaires et réactionnaires, mais dans une même enceinte où chacun avait quelque chose à contester du pouvoir en place. C’était une distribution des mécontents.

Soit, mais l’expérience a prouvé que l’esprit révolutionnaire ou réformateur a tenu le devant de la scène, pendant qu’en secret la lutte était entre factions qui se disputaient un pouvoir, faction conservatrice, ploutocrate, et qui usaient de l’Eglise, des agitateurs, des utopistes, des succès militaires pour assurer la gestion de biens souvent mal acquis ! Et d’un coup l’ordre s’est reconstitué, avec une nouvelle aristocratie, qui est décrite dans la Comédie humaine.

En quoi ce tableau intéresse-t-il l’électeur ? Le sentiment que rien ne doit bouger est profond en ce pays :
- La laïcité de l’enseignement reste ce mot vide qui diminue toute ouverture d’esprit et évacue tout sentiment trop tranché du licite et de l’illicite. Est bon ce que la loi ne voit pas, ou ne punit pas ! Ni M. Hollande ni M. Sarkozy n’y toucheront, ne serait-ce que pour avoir quelque liberté comme ailleurs en Europe !
- La construction, ou l’unité européenne, de quelque nom que l’on désigne cette réalité subie par le conservatisme français et non voulue ou désirée comme ailleurs, dans l’Europe du Sud notamment, en Espagne et au Portugal qui doivent leur devenir économique aux investissements de l’Europe du Nord, reste liée à une clause de rupture : nous sommes mariés avec l’Europe, si cela nous convient, mais le divorce est aussitôt proclamé comme une garantie de liberté !
- C’est dans cette réaction à la communauté européenne qu’il faut entendre les relations franco-américaines, qui traditionnellement reposent sur une méfiance envers le continent !

Il serait donc possible de rassembler tous les candidats, à tous les étages de la maison française, jusqu’aux contestataires du dernier étage, par cette propension à ne pas poser un axe autour duquel faire pivoter le mouvement de notre économie et de toutes nos entreprises. C’est cet axe qui caractérise les puissances du jour, axe du leadership pour les USA et l’Angleterre, axe européen pour l’Allemagne et son empire traditionnel s’étendant du Benelux à l’Italie et ayant ses attaches dans la péninsule ibérique qui n’est jamais entrée en conflit avec elle ! Axe enfin eurasiatique dont il sera question dans le siècle qui se déroule devant nos yeux, et qui apportera la paix en Asie, de la Palestine jusqu’en Afghanistan !

Ou se situe la France ? Dans une certaine solitude, qui la fait regarder, selon le mot peu compris de Péguy sur Descartes, « le cavalier qui partit d’un si bon pas », mais dont le train reste mesuré, ce qui est aussi une forme de courtoisie, ou de frein à l’ambition passionnée, dont le monde a sporadiquement besoin !

 
 
 
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