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Ce qui m’a converti à l’Islam chiite

dimanche 29 juin 2014, par Pierre Dortiguier

Entretien accordé à frenchirib

Veuillez vous présenter entièrement et racontez-nous comment et pourquoi vous vous êtes converti à l’Islam ?

Je vous remercie de l’honneur que vous me faites de demander les racines de ma conversion, qui est une idée ancienne remontant à mes 31 ans, en Tunisie, et qui s’est réalisée progressivement, jusqu’à la manifestation publique au sanctuaire de l’Imam Reza (béni soit-il). La première personne musulmane venue au sein de ma famille est un Iranien, et ensuite ce fut paradoxalement non pas la lecture du Coran que je fis très jeune, dans une traduction du 18ème siècle, celle de Savary mort à 38 ans, mais la lecture de Goethe et la fréquentation de l’âme allemande, étant professeur de philosophie et ancien préparationnaire aux lycées Louis le Grand et Henri IV, qui m’a détaché du christianisme catholique par la puissance de la Réforme de Martin Luther ! Je dois préciser que le professeur Henry Corbin avait connu l’esprit de la Réforme avant de comprendre l’Islam chiite ! Toute ma carrière fut dans l’enseignement de la philosophie et la seule phase politique fut 1969-70 quand je fus employé au service du président De Gaulle pour rédiger des morceaux choisis qu’il approuva, me disant que son père avait été aussi professeur de philosophie. J’ai étudié à la Sorbonne jusqu’en 1967. Ensuite, j’ai été opposant à l’esprit des révolutions colorées etc. Ce qui m’a attiré dans l’Islam est le sérieux de la prière, qui n’a rien d’égoïste, mais est d’abord une purification par l’élévation à Dieu. Le docteur Ayoubi à Paris m’avait chargé, un jour, d’une conférence à la mosquée sur le sens de la résistance chiite et husseinienne à la tyrannie, et j’ai traité de ce thème, mais c’est par sa capacité métaphysique que l’Islam attire une jeune génération de Français et je suis fier de me retrouver, comme dans mes classes avec eux ! Je dois souligner que le spectacle d’une amie en prière continue de me bouleverser, mais c’est le couronnement d’une réflexion : le choix de l’Iran est certainement un signe providentiel et j’appelle des Européens à suivre cette voie du sérieux et non pas, comme le Pape, à honorer la tombe de Herzl, en célébrant le Sionisme, dernière idole à la mode et qui entraîne le monde et notre civilisation à la ruine !

Dans quelles circonstances vous avez fait connaissance de la Révolution Islamique d’Iran ?

Comme tous les Français par la venue et le séjour de l’Imam Khomeiny à Naufle le Château. Son discours transcendait tout ce que l’on entendait.

Et dans quelle mesure cela a affecté votre vie ?

Elle nous a démontré qu’il pouvait y avoir une autre voie que celle du bolchevisme ou de la franc-maçonnerie US ou anglaise, et cela avait été proclamé en Europe et dernièrement par De Gaulle. Cela m’a détaché des illusions de la politique au jour le jour en démontrant la nécessité et d’un guide et d’une foi !

Connaissez-vous les savants, poètes, personnalités et écrivains iraniens ? Si oui, dans quelle mesure ?

Dans mon enfance je lisais dans la chambre de ma grande sœur les extraits de la poésie d’Ommar Khayam, et par la suite j’ai lu des traductions d’Attar dont j’ai cette année visité la tombe à Neychabour, mais si je peux bien sûr citer des vers de Saâdi, le poète de Chiraz, à mes yeux le monument demeure celui dont une amie m’a offert les œuvres en version anglaise, Ferdousi et son livre des rois. Pour la science contemporaine, sans citer le célèbre Avicenne dont j’ai connu une excellente commentatrice française catholique, Dr. Marie Amélie Goichon, auteur d’une thèse en Sorbonne sur les relations de l’essence et de l’existence chez ce médecin et philosophe, très semblable à Aristote, je veux citer le Dr. Lofti Zadeh, auteur d’une dite logique floue qui a révolutionné nos notions de logique prévisionnelle, comme chez un auteur autrichien jadis professeur à l’université allemande de Prague, Christian Ehrenfels (1859-1932), et que j’ai cité dans une thèse sur l’expérience de la forme. Le fils de cet Ehrenfels né en 1900 et professeur au Pakistan, se convertit, avec l’appui de son père, à l’Islam, en Albanie en 1921. J’ai visité des musées iraniens de peinture, et aussi le musée d’Ali en juin 2009, et ce qui me plaît est l’inspiration symboliste, avec ses peintures d’anges !

Comment vous avez fait connaissance de la Radio francophone iranienne et quelle émission vous intéresse le plus et pour vous le plus important ?

C’est un journaliste, mon ami de toujours, Nokhostine qui m’a fait l’honneur un jour de m’interroger et aussitôt, j’ai suivi sur ondes courtes votre radio qui a été mon éducatrice essentielle en matière d’Islam pendant plus de 10 ans !

Vous avez quelque chose de spécial à dire à nos auditeurs ?

Qu’il faut tenir l’Iran et l’Islam qu’il défend et conserve comme un allié dans notre combat pour la survie contre les forces de décomposition. Dans chaque siècle ou couple de siècles, un pays domine, dans le bien comme le mal. Hier c’était le pays de la grande philosophie et de la grande musique, aujourd’hui le pays de la foi et de la vitalité religieuse, artistique et scientifique, mais toujours ce sont des pays du sacrifice qui renaissent dans une verdure éternelle : ils ont les mêmes ennemis, mais la même invincibilité ! Et c’était déjà le sentiment du comte Gobineau qui aima l’Iran et l’Europe réelle, et je peux reprendre en conclusion cette pensée que l’avenir du monde se joue sur l’avenir de l’Iran et de ses alliés visibles ou déclarés et invisibles aussi, secrets mais efficaces !

Que pensez-vous de l’éveil islamique survenu ces dernières années dans les pays arabes et à votre avis dans quelle mesure le Révolution islamique d’Iran a affecté ces mouvements ?

Chère journaliste et chère sœur, l’éveil islamique est celui de la conscience morale, qu’il est perpétuel, car l’islam est en soi un éveil permanent : les forces obscures ont voulu tromper le monde arabe, à commencer par la Tunisie, en exploitant le sentiment de justice mais en le dévoyant ou déformant pour briser le cadre de la justice et y enfoncer celui du terrorisme, d’une légion étrangère contre tout ce qui empêchait leur plan de destruction des Etats encore indépendants, ou partiellement indépendants ! Le but de ce printemps arabe est clair : destruction de la Syrie, consolidation de l’entité sioniste, empêcher les Etats islamiques de contester la puissance parasitaire du dollar, chasser la Russie de Méditerranée, faire en somme une Libye généralisée, le chaos permanent. Le vrai éveil islamique est celui ravivé de Hussein que je résume, distinguer la vertu apparente de la vertu vraie, comme j’ai voulu le faire en m’agrégeant à la tradition de l’islam chiite ! Salutations à nos chers auditeurs ! Ali Reza !

Sarah Radio France

 
 
 
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