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Ariane dans le labyrinthe de l’Histoire

vendredi 10 août 2012, par Pierre Dortiguier

Quelle est cette Ariane que la fable grecque rapporte avoir été sauvée par Thésée du labyrinthe où la maintenait un Minotaure fort cruel, qui ajoutait à l’intelligence des mortels la puissance surhumaine de ce que nous nommons des monstres, quand ils sont méchants et difformes, des dieux quand ils sont bons et – comme le remarque Aristote de la perfection qui seule accorde la beauté, sans quoi il n’y a que de l’élégance - la grandeur de la taille !

Son nom d’Ariane signifierait une ancêtre originaire (Ur-Ahne, Uranie, une aryenne en d’autres termes, et iranienne aurait-elle ce sens plus vrai que celui de persane ?), celle que nous disons aussi Diane (Die Ahne), bref l’humanité qui se reconnaît dans sa captivité et son origine ou cause première toujours plus parfaite que ses composés que le temps dégrade ; et l’une des formes de ce labyrinthe servant au supplice pourrait bien être l’Histoire et ses mensonges par omission !

L’un des plus importants touche à l’Europe, non de la seconde Grande guerre, mais d’après-guerre, lors de la capitulation impériale de 1945, - après ce que Churchill nomma avec raison une seconde guerre de Trente ans, la première au 17ème siècle s’étant terminée par le Traité de Westphalie en 1648 et l’affaiblissement séculaire de l’Allemagne - quand la population tchèque s’est ruée, après des années d’entente relative et un voisinage ancestral pluriséculaire, sur la population allemande désarmée qu’elle a atrocement traitée, par des mutilations notamment, comme cette coupure du tendon d’Achille imposée à des femmes dénudées forcées à porter, à la joie de la canaille, les plus lourdes charges. Les témoignages affluent sur des malades hospitalisés jetés de leur lit ou encore, pour revenir à la jeunesse féminine dont les souffrances exaltent le sadisme, ces autres nudités poussés vers le cimetière (Wolschaner Friedhof) et abattues à la mitrailleuse : une révolution, à la mode qatari, comme en Syrie, mais à laquelle il faudra plus de comités démocratiques et de secours britanniques ou de conférences parisiennes pour atteindre au même grandiose ! Combien a-t-on relevé de noyades, d’étranglements, de têtes fracassées à coup de marteau, et constaté les souffrances de gens piétinés par les soldats ou policiers tchèques à cheval ?

Ceci se passa à Prague en 1945, par un mouvement débuté le 25 avril, dont la radio de Londres donna le signal par la voix du ministre franc-maçon, le frère Benes (de naissance catholique !), et par l’expulsion de ces réfugiés qui perdaient tout, au cœur de l’Europe, qui se tait toujours sur ce fait historique et devrait reconnaître avoir offert le premier visage d’une Palestine spoliée et ensanglantée (Syria meridionalis cruenta !)

Il est indubitable que ceux qui se sont faits la main sur la population civile (je ne parle pas de la militaire, car la jeunesse de la Waffen-SS, à partir de 18 ans, mais aussi de l’armée, fut brulée vive à l’essence des pieds à la tête, sur les réverbères de la place Wenceslas, la place Charles et la rue des Chevaliers (Rittergasse).

Le témoignage du criminaliste célèbre d’après-guerre, et journaliste, au nom de plume de Jürgen Thorwald (1916-2006), dans son livre de 1950 « La fin sur l’Elbe » (Das Ende an der Elbe) est ignoré des gens qui ont forgé une religion trop humaine, celle des droits de l’homme, car l’absence de perspective surnaturelle ou divine enlève la modestie à cette foi égoïste ou humaniste, et donc ôte le sens du tragique ! Ce fut le 6 et 7 mai que l’on entassa les Allemands pragois dans la prison de Ruzyn et qu’ils en furent, à cause du surpeuplement, expulsés pour être publiquement massacrés. Les enfants furent noyés dans des eaux d’égout et leurs mères défenestrées !

Où est cependant au mieux la grandeur évidente de ce peuple supérieur martyrisé, relativement aux autres ? J’y songeais en regardant la belle montagne du Demavend à Téhéran : il ne dit rien, ne parle pas, il est tout comme la pierre, transporté dans la partie occidentale après une marche à la mort, il y a maintenu une société sans haine de classe, car il avait vu de près ce qu’était le moteur politique de ceux qui allaient, en la même Tchéquie, deux ans plus tard, favoriser par l’envoi d’armements et d’hommes, en Orient, le même traitement aussi cruel dans sa finalité, que celui des Allemands aussi bien établis à Prague que les Arabes à Al Qods ou à Damas !

Lisez la petite dissertation de Goethe sur la Prague allemande des siècles passés (car Prague fut la première université allemande de renom, la Carolina, fondée par Charles de Luxembourg, avant Iéna choisie par les professeurs et étudiants allemands expulsés de Prague, et elle faisait concurrence à Paris ), en allant chercher vous-même le texte, car aucun maître n’en est plus instruit aujourd’hui ; et ces atrocités qui ont eu lieu, ne manqueront guère de reparaître ; les Allemands le savent, qui ont justement assisté dans les années 45-49 à la répétition, de l’Inde à la Palestine, de cette scène de Terreur populaire allumée par les mêmes bourreaux.

Ceux qui l’ont favorisée, tolérée et soutenue sont ceux mêmes qui préparent aux Damascènes et aux Alépiens un bain de sang avec les mêmes sentiments hypocrites !

Comme le disait De Gaulle à son ministre Peyrefitte, qui le raconte dans ses Mémoires, « Les Sudètes, je m’en fous ». Eh bien là le général était aveuglé par le ressentiment traditionnel français contre l’Allemagne qui sera toujours, par son travail, la première de la classe, et Dieu sait, si le grand homme revenait de son purgatoire, s’il ne dirait : les Sudètes allemands ont été la pauvre Ariane, brisez les labyrinthes historiques, et découvrez, ce n’est pas inutile, la laideur des Minotaures !

 
 
 
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