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Ankara reste l’allié fidèle de la Maison Blanche

mercredi 7 décembre 2011, par Pierre Dortiguier

Efforts et concertations, pour maintenir son rôle de leadership dans la région ! C’est, au demeurant, le vœu de la Maison Blanche, dans cette étape délicate que vit la région. Le vice-Président américain, Joe Biden, l’a, implicitement évoqué, en souhaitant, récemment, en Turquie, que les politiques turco-américaines aillent dans le même sens et que les deux pays s’attèlent à changer le parcours des évolutions et développements dans le monde arabe. "Les Etats-Unis veulent maintenir leur rôle de leadership, dans la région, et cela ne sera possible qu’avec la collaboration de ses amis et alliés, qui y oeuvrent", c’est ce que Biden a rappelé. Pour faire face aux menaces que représentent certains pays de la région, Washington s’efforce de renforcer ses marchepieds dans la région, et d’accroître sa capacité de manœuvre. Et, dans cet objectif, la Turquie, un des alliés des Etats-Unis, au Moyen-Orient, étant par ailleurs membre de l’OTAN, jouit d’un statut très particulier, auprès des Etats-Unis.

Washington souhaite qu’en cas d’une confrontation avec la Syrie, la Turquie procède à la création d’une zone tampon ou bien d’une zone d’exclusion aérienne, tout comme ce qui a été fait, en Libye. Il est vrai que la Turquie est prête à exécuter tout scénario anti-syrien. En Grèce, le vice-président américain a confirmé la coopération turco-américaine, pour aider la Syrie d’après Bachar al-Assad. N’oublions pas que le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, avait, déjà, fait part d’un plan en 9 points, sur les sanctions décidées par la Turquie contre la Syrie. Récemment, lors d’une interview télévisée avec la chaîne 24 de la Turquie, Davutoglu a évoqué l’éventualité de la création d’une zone tampon, sur la frontière avec la Syrie.

Collaborer avec les Etats-Unis ne semble donc pas déplaire à la Turquie, qui souhaite, depuis des lustres, s’octroyer une place particulière dans la région. La réalisation de ce rêve ne sera possible qu’avec l’assistance américaine. Le gouvernement turc veut, entre autres, propager son modèle de gestion et de politique, partout, au Moyen-Orient. Ce qui serait, d’ailleurs, bénéfique aux Etats-Unis, comme l’estime le Président turc, Abdullah Gül. Il est vrai qu’un renforcement de son rôle stratégique, dans la région, se révèle être important, pour une Turquie, qui pense à l’adhésion à l’UE. La politique d’Ankara, qui consistait à établir un équilibre dans ses relations avec l’Est et l’Ouest, penche ainsi, inexorablement, vers le monde occidental. Il semble que la Turquie se trouve à la croisée des chemins, dans sa politique intérieure et extérieure. Au sein du pays, le gouvernement se trouve face aux protestations populaires contre le suivisme turc des politiques américaines, la récente manifestation contre Biden en est un exemple clair. A l’extérieur, la plupart des pays de la région ont décrié la politique turque qui consiste, prétendument, à réduire à zéro les différends avec ses voisins, et considère l’alignement d’Ankara sur les politiques américaines comme la manifestation des interventions des puissances extrarégionales, via des pays de la région, dans les affaires intérieures des autres pays. Et cela risque, sans aucun doute, de porter atteinte au prestige politique de la Turquie, dans toute la région.

Source : frenchirib

 
 
 
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