La prise de connaissance (Einsicht) que l’affermissement du fondement épistémologique des Mathématiques réclame en travail préliminaire un aménagement (Bearbeitung) psychologique de son contenu de pensée, paraît se frayer toujours davantage une voie, de nos jours, chez les mathématiciens et les philosophes comme aussi la conscience que la marche hardie d’évolution que cette science a adoptée depuis l’époque d’un Newton et d’un Leibnitz a laissé sur ce point beaucoup, beaucoup à faire. Les présents développements veulent offrir une contribution à cette connaissance, en cherchant à découvrir et aussi en partie à surmonter les difficultés qui s’opposent, déjà pour ainsi dire au seuil de l’édifice scientifique, à une claire prise de connaissance philosophique des opérations fondamentales arithmétiques les plus simples de toutes. On veut tenter dans la première partie une caractérisation psychologique des représentations de nombres les plus usuels, dans la deuxième, une évaluation épistémologique des résultats obtenus dans la première, la possibilité d’un acte de distinguer (die Möglichkeit eines Unterscheidens) sans différence représentée (ohne vorgestellte Verschiedenheit).
