Antipositivisme
Pierre Dortiguier
 
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vendredi 20 mai 2011, par Pierre Dortiguier

Le lecteur est invité à parcourir l’œuvre du fondateur de la théorie de la forme ou Gestalttheorie, ainsi nommée d’après un terme original de la langue allemande, création du moyen haut allemand, Ge-stalt désignant ce qui est fixe au sein du Devenir ou se rassemble (Ge, co-) en une position ferme (stellen, cf. stella, l’étoile), surmontant le chaos actif, le chaotogène, et le désordre.

Cette philosophie dualiste, c’est-à-dire opposée au Monisme, expression forgée au 18ème siècle en Allemagne pour en critiquer la teneur haïssable (odiosus), impie même ou sacrilège, invraie* devrait-on dire, qui réduit tout à une seule idée, matérielle ou spirituelle, envisage l’ordre et le chaos, comme le drame musical de Richard Wagner en fournit l’exemple remarquable, et est donc antipositiviste ; car ce dernier mouvement contemporain, jusqu’au néopositiviste Sir Karl Raimund Popper et autres pions de cette superficialité liée à l’esprit maçonnique ambiant, refuse toute hauteur qui ne soit pas bornée par son expérience propre. Il ne s’associe à la pensée d’autrui, sinon pour la diriger ou la diminuer, en aucun cas pour l’affronter, encore moins pour l’élever charitablement en la surmontant, comme le héros de l’opéra Siegfried affirme sa victoire dans sa mort. Notre âge se survit, au contraire, dans un essoufflement esthétique - celui de l’art prétendu par imposture « abstrait » alors qu’il est dénué d’idée ou de mythe profond -, et aussi essoufflement moral, particulièrement dans l’éthique sexuelle examinée par le père et le fils Ehrenfels qui critiquent l’égoïsme libertaire du « couple », dans une légèreté des valeurs soumises au courant de la mode. Cette perte de sens de la réalité et de la rectitude ou Nihilisme (autre nom du Positivisme) se retrouve dans un rationalisme ou un goût des symboles scientifiques détaché des exigences fécondes de la nature humaine ou lui imprimant ses préjugés.

L’œuvre allemande de Christian Ehrenfels, de celui qui fut professeur titulaire (Professor ordinarius) de l’université allemande de Prague, est importante et diverse, surtout littéraire et dramatique, inaccessible en français et prudemment rééditée en allemand. Son fils n’est cité ici qu’en relation à son père et à sa fidélité religieuse : sa conversion à l’Islam sunnite est en partie un encouragement de son père qui, avec toute l’opinion publique austro-allemande, en 1911, lui enseignait l’injustice de l’agression italienne, politique des loges conjurées avec celles de l’Angleterre et de la France contre la communauté islamique dont l’Empire ottoman était l’unité. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Omar fut, comme il est marqué dans le journal de sa mère, en captivité dans un camp anglais indien et fut, après la guerre, actif au Pakistan et en Afrique orientale naguère allemande en développant les thèmes du Matriarcat ou du rôle de la puissance féminine dans les sociétés indiennes et notamment Tamoul, dont il maîtrisait la langue, possédant aussi, comme je le constatais, l’arabe, le sanscrit, le pali et justement ce tamoul dont il examina les régions montagnardes en laissant des dessins délicats de grande précision.

Ce site ehrenfelsien s’accompagne de thèmes divers de politique et de philosophie inspirés par cette attitude antipositiviste, et sur l’Islam aussi dans ses rapports naturels historiques avec l’Allemagne, qui est, selon le mot du poète Nerval, pour les philosophes et les poètes qui pensent, et le monde qui recherche sa santé, «  notre mère à tous ».

Une partie est consacrée à l’Iran et au comte Gobineau (1813-1884), antipositiviste par excellence, jusqu’à moquer en vers les constructions du plat darwinisme, et qui ne réservait le concept de race qu’aux entités et activités sociales et religieuses les plus marquées de notre monde, lequel ne produit plus que des types effacés et s’y complaît en niant toute idée de cause ou de vérité intrinsèque au profit de lois incertaines bâties sur une prétention à la stabilité et sur un rétrécissement de la synthèse en détails multiples qui la déchirent et désorientent le jugement individuel. Il est notable qu’Ehrenfels et Gobineau se soient rencontrés à la première de Parsifal le 26 juillet 1882 comme il est dit par Ehrenfels dans « Richard Wagner et ses Apostats » paru en 1913, pour les festivités du centenaire de celui qui se déclara, mêlant la douleur au génie, aux miracles de la musique dramatique et à la promesse d’une régénération « le plus grand homme depuis le Christ »

J’y ai placé deux mémoires d’élèves iraniens, d’une étudiante téhéranaise sur la politique européenne de De Gaulle, et d’un journaliste ayant séjourné vingt ans en France - sur l’éducation journalistique-, aussi les réalisations esthétiques auxquelles contribua une amie de la Télévision francophone, et trois articles parus dans la section philosophie créée avec feu mon camarade d’études, Jean-Marie Benoist, de la Revue des Deux Mondes, deux à l’Age d’homme par l’amabilité de Philippe Bertholet qui connaissait Ernst Jünger etc., ceux que j’ai pu donner au hasard des sollicitations, ou sur des sites amis, comme ceux de la Nouvelle Chronologie impulsée en Russie et en Allemagne, méprisée en France, que j’accueille avec sympathie, dans le sens où l’honnête Voltaire soutenait l’effort du physicien et théologien anglais Newton de raccourcir des temps fabuleux ou fantômes.

D’Iran sont aussi rassemblés des émissions radiophoniques sur des thèmes politiques toujours d’inspiration antipositiviste, il va de soi !

Les drames de Christian Ehrenfels, ancien élève en contrepoint de Brückner, sont des illustrations de ses thèses d’éthique sexuelle sur la nécessité d’une sélection vitale dans un groupe homogène –et non pas entre espèces, selon une fausse vue darwinienne positiviste sur une liberté brutale - autorisant, dans une société moralement disciplinée, une tolérance de la polygynie ou mariage avec plusieurs femmes. Le lecteur en trouvera en langue allemande et la traduction française lui sera donnée si le temps nous sera accordé, inch’Allah, dans ce monde plongé dans un abîme, dont il ne peut sortir que par cette conversion qui est l’amour de la sagesse divine et surhumaine. Enfin l’opposition d’Ehrenfels à la politique génocidaire du positiviste (de mère allemande de Moravie et de père légal slovaque) Masaryk, président de la république autoritaire Tchécoslovaque, est marquée dans ce site. L’hommage rendu au fils Ehrenfels trouve aussi là l’occasion de rappeler l’effort centenaire en Orient des colons templiers piétistes venus principalement de la Souabe, en Allemagne du Sud, conforter l’Empire ottoman.

Notre remerciement, outre à celui et à celle qui ont construit et orné, sinon relevé, ce site d’un goût italien, et à ma sœur collaboratrice, va en premier à celui qui nous accueillit à Vienne à l’été 1973 et nous présenta à la baronne Ehrenfels-Bodmershof, le philosophe et artiste talentueux Michael Benedikt, adversaire constant et heureux du positivisme autrichien et de « l’atmosphère mensongère » de ce climat analytique pourrisseur, digne enfant de Vienne, et titulaire, après un enseignement au Canada, de la chaire de l’université de l’ancienne ville-résidence impériale jusqu’à son éméritat célébré dans « la langue de l’enthousiasme » jointe à la vitalité autrichienne, eût précisé Gobineau !

*Invraie : néologisme d’après le latin inverum ou l’allemand unwahr.

 
 
 
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